Tarzan (Cinéma et TV)

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pak
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Re: Tarzan (Cinéma et TV)

Message par pak »

Confirmation du titre du serial dans "La Cinématographie Française" n°185 du 20/05/1922 où l'on apprend la date de présentation du film, le 24/05/1922 au Cirque d'Hiver.

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Puis dans le n°186 du 27/05/1922, une brève présentation du film où l'on apprend que les précédents Tarzan d'Elmo furent des succès en France. J'imagine que le tacle sur les autres productions Tarzan sans Elmo concerne The Revenge of Tarzan et The Son of Tarzan, ce qui sous-entendrait qu'ils sont sortis en France aussi.

Après la présentation, le scénario du film.

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Publicité double-page dans "La Cinématographie française" n°187 du 03/06/1922 :

La cinématographie française187_1.jpg
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Re: Tarzan (Cinéma et TV)

Message par Gradatio »

Un bon résumé où l'on constate pour celui qui a tout lu un sentiment confus car ça rebondit sans arrêt avec une Jane constamment enlevée. Enlevez des pans du serial, ça fait un sacré bordel :fonsde:

Avec le résumé, j'ai noté deux choses.

1) le début dans lequel Jane, Clayton et Rokoff parviennent à retrouver Tarzan vient de The Revenge. Il se peut que des scènes avec les nouveaux acteurs ait été réalisées ou alors, c'était un résumé du précédent film. Ça ne figure pas dans le serial reconstruit que je possède où l'action démarre quand Tarzan est à la recherche de Jane. Ça démarre d'ailleurs au milieu d'une scène d'action.

2) On ne trouve pas mention du séjour de Jane chez les Waziris. Il s'y passe pas mal de choses notamment la scène incomplète avec la plante carnivore qui doit être dans la version en restauration.

Quand à Lincoln, comme je l'ai souligné, c'était une superstar à l'époque.

L'auteur de l'article dithyrambique qui casse aux passages les deux autres productions devait ignorer que derrière se tenait quasiment les mêmes équipes.

D'un autre côté, il s'agissait de promouvoir le serial qui a rapporté gros, c'est vrai.
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Re: Tarzan (Cinéma et TV)

Message par Gradatio »

6) Tarzan and the Golden Lion
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Tarzan va donc entrer en sommeil au cinéma entre mi-1922 et fin 1926. Je n’ai pas trouvé grand-chose sur les raisons qui ont poussées Burroughs à cesser sa collaboration avec Numa Pictures et les frères Weiss. D’après les écrits, il sera à la recherche d’un studio capable d’adapter correctement ses romans. Mon sentiment personnel en lisant les témoignages que l’on trouve est que soit il n’était jamais satisfait du résultat, soit il était très naïf, soit il signait un peu facilement lorsqu’une somme rondelette lui était proposée. On peut penser à la troisième solution par rapport à l’anecdote qui suit.

Dans cette période (1922), ERB a vendu les adaptations de deux de ses recueils. "Tarzan and the Jewels of Opar" dont j’ai déjà parlé et "Jungle Tales of Tarzan", un recueil de 12 nouvelles racontant l’enfance et l’adolescence du héros, à Graet Western détenu par les frères Stern pour 20 000 dollars chaque. Le hic, c’est que le contrat ne comprenait pas de reversements supplémentaires sur les recettes éventuelles. Les deux adaptations eurent bien lieu quelques années plus tard pour les deux dernières productions muettes de l’histoire de Tarzan lésant considérablement l’auteur qui bien sûr se plaignit. On se demande si Burroughs était fait pour ce milieu. Il semble bien que non.

En attendant, en 1924, Joseph Schnitzer, vice-président des studios FBO (qui en s’associant quelques années plus tard avec RCA deviendra la célèbre RKO) prend contact avec ERB pour les droits cinématographiques du roman "Tarzan and the Golden Lion", le septième de l’auteur. Les tractations ont trainées jusque 15 février 1926, date de la signature. Cette fois-ci Burroughs avait enfin son mot à dire sur l’acteur qui jouerait le roi de la jungle et ça tombait bien, il avait un nom en tête.

D’après les témoignages et les écrits de l’époque, on peut parler d’un coup de foudre pour l’écrivain lors d’une fête qu’il organisait à son ranch. Parmi les invités, un ancien joueur de football américain de L’Indiana venu à Hollywood pour entrainer une équipe locale. James Pierce tapa tout de suite dans l’œil d’Edgar qui vit en cet homme la personnification de son héros de papier tel qu’il l’avait toujours imaginé. Après un essai pour la forme, Pierce est engagé. Il avait déjà joué auparavant dans un film mais dans un second rôle et s’imaginait que l’interprétation de Tarzan allait lui ouvrir les portes d’une grande carrière. En passant, pendant la soirée, il ne séduit pas uniquement ERB mais aussi sa fille Joan qui commença une liaison avec le nouvel acteur. Tout se mettait bien en place.
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Pour interpréter Jane, on recrute Dorothy Dunbar qui campe une Jane plutôt discrète. Il faut avouer que d’une part, le personnage est peu présent dans le roman bien que le scénario qui en soit tiré s’en éloigne passablement (écrit par Joseph Walker) et d’autre part, un second rôle féminin va l’éclipser totalement, Edana Murphy joue la nièce de Jane, Ruth Porter (personnage inventé) et sera la demoiselle en détresse à sauver. Une petite liaison naitra pendant le tournage entre Pierce et Murphy mais il finira par revenir dans les bras de Joan qu’il épousera finalement.
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Dorothy Dunbar et James Pierce

Est-ce que Burroughs se lasse de se battre en vain ? Quoiqu’il en soit, comme je l’écrit juste au-dessus, le scénario s’écarte du roman en plusieurs points.

Voyons les grandes lignes de la version papier :

Le début du livre est la suite immédiate du précédent roman dans lequel Tarzan et Korak ont retrouvé Jane à Pal-Ul-Don (Tarzan the Terrible). Ils tombent sur une lionne morte qui laisse un jeune lionceau sans ressource. Tarzan l’adopte et le nomme Jad-Bal-Ja. Quelques années plus tard, une ancienne domestique du domaine Burroughs veut s’approprier l’or d’Opar. Elle s’associe avec quatre truands pour y parvenir mais son plan principal est d’avoir dégoté un Portugais appelé Estéban Miranda qui a la particularité d’être un sosie de Tarzan. Le but étant de se faire passer pour le seigneur de la jungle et d’obtenir l’aide des Waziris pour la protection et pour transporter l’or. Bien sûr, rien ne se passera comme prévu et la cité d’Opar présentera bien des dangers d’autant qu’un prêtre rebelle veut prendre le pouvoir à la prêtresse La.

Le film démarre alors que le lion est déjà adulte. Dans son domaine africain, Tarzan attend le retour de Jane accompagnée de sa nièce. Le safari est attaqué par un trio de malfrats. Esteban Miranda, (Frederic Peters qui du coup ne ressemble pas à Pierce), John Peebles (Robert Bolder), son acolyte et un Wazari (sic) renégat qui leur sert de guide, Awaza (joué par un certain…. Boris Karloff !). Tarzan arrive à temps pour repousser l’attaque. Juste avant, notre héros avait trouvé un homme en haillons déambulant dans la jungle. Il indique avoir été retenu par les Tangani, une tribu qui vit à l’intérieur d’un temple dont le sous-sol est une mine de diamants qu’ils font extraire à leur esclaves. Miranda parvient à apprendre la nouvelle et s’empare de l’homme raflant au passage Ruth. Tarzan et son fidèle lion accompagnés du régisseur du domaine, Burton Bradney (Harold Goodwin) amoureux de Ruth s’élance à la poursuite des kidnappeurs. Pour coller un peu au roman, Miranda essaiera de se faire passer pour Tarzan auprès des indigènes.
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Boris Karloff, un rôle impossible à jouer de nos jours
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Le trio de méchant
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La nièce, Jane et le régisseur

Bon, comme on voit, l’histoire n’a plus grand-chose à voir. Il faut dire que le film est très court (1h). La version que l’on trouve actuellement fait 57 minutes car il s’agit de la seule copie retrouvée dans les années 90 et qui vient de… France (cocorico !). Il y manque malheureusement le générique de début et de fin (rajoutés artificiellement pour l'occasion) ainsi que la scène finale où à première vue, le régisseur épousait la jolie nièce. Le film est regardable ainsi bien que très abimé mais je le trouve très pauvre. Cette copie a permis de voir que les Français s’étaient amusés à changer le nom d'un personnage. Ainsi, Ruth Porter, nièce de Jane est devenu Betty Greystoke, la sœur préférée de Tarzan ! (n'importe quoi)

Le film a été réalisé par JP McCowan, pourtant expérimenté pour avoir passé une partie de sa vie en Afrique du Sud où il avait servi pendant la guerre des Boers dans une unité britannique pendant laquelle il fut blessé lorsque son cheval le précipita dans un ravin. Il fut par la suite explorateur et chasseur de gros gibiers avant de rejoindre les Etats Unis où il eut plusieurs métiers avant de s’investir dans le cinéma à partir de 1912.

La première rencontre entre Pierce et McCowan ne se passa pas sous les meilleurs hospices ainsi que le raconta l’acteur quelques années plus tard.

Lors de la première scène qu’il devait jouer, Pierce se présente avec son beau costume de Tarzan. Il voit un groupe déguisés en indigènes. Mc Gowan lui indique qu’il doit se ruer sur eux en hurlant. Pierce s’élance et hurle bien mais… de douleur. Ses pieds nus ne sont pas habitué à la rudesse du terrain et il revient en claudiquant les pieds en sang. McGowan pique une crise. Qui lui a donné un acteur pareil ? Un incapable qui lui fait perdre son temps. Pierce se soigne et demande qu’on lui trouve des baskets blanches. Avec l’équipe de maquillage, les basquets se moulent au reste du corps. Comme aucun gros plan n’est fait sur cette partie du corps, l’illusion passe. Pierce peut désormais courir et sauter partout.

Le film a été tourné principalement en Californie et au studio FBO. Il est sorti le 2 janvier 1927.
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La seule scène du film où Pierce apparait en costume
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Si le résultat financier a été satisfaisant bien qu’en dessous des prévisions, les critiques n’ont de nouveau pas été tendres. Alors qu’une option sur un deuxième film était sur le contrat, FBO n’a pas donné suite. Burroughs repartant à la recherche d’un nouveau débouché avec son désormais beau-fils qu’il espère caser et installer dans le rôle. Là encore, il fera choux blanc car c’est à ce moment-là qu’Universal décide de mettre en chantier l’adaptation des deux recueils achetés en 1922 par Great Western. Décidément, ça allait de mal en pis pour l’auteur et les années 30 allaient encore l’enfoncer plus profondément (pas financièrement, bien au contraire), mais j’anticipe. Nous allons d’abord voir en détail les deux serials reprenant les deux recueils prochainement.
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Re: Tarzan (Cinéma et TV)

Message par Gradatio »

7) Tarzan the Mighty
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Quelques affiches

Nous avons vu précédemment que Burroughs avait vendu les droits d’adaptation de deux de ses recueils à Great Western des frères Stern en 1922. "Tarzan and the Jewel of Opar" (cinquième roman du personnage) et "Jungle Tales of Tarzan", un recueil de 12 nouvelles se passant pendant la jeunesse du héros avant sa rencontre avec Jane. L’un des frères Stern, Arthur, était entre temps devenu vice-président et directeur d’Universal. C’était l’occasion de lancer les deux adaptations.

C’est par l’intermédiaire de leur journal Universal Weekly du 7 avril 1928 que fut annoncée la première. C’était finalement les Jungle Tales qui allaient être adaptées sous forme de serial en 12 chapitres (un par nouvelle). La première fois que j’ai lu cette information, je restais dubitatif car en ayant lu le résumé du scénario concocté par Ian McClosky et Jack Nelson, on était bien loin du recueil en question. Le sérial n’ayant toujours pas été retrouvé à l’heure ou j’écris ces lignes, j’ai du rechercher plus d’informations. Il s’agit bien de l’adaptation muette la plus éloignée du texte original. Des nouvelles ne furent gardées que quelques brides concernant notamment le questionnement de l’homme singe sur sa place dans la jungle ne ressemblant à aucun autre habitant. Pour l’essentiel, il s’agissait pour le héros de venir en aide à une jeune fille, Mary Trevor et son petit frère Bobby, naufragés tombés entre les mains de pirates dirigés par le redoutable Black John, un noble britannique en disgrâce. Le journal de la semaine suivante annonça d’ailleurs le serial avec un nouveau titre "Tarzan the Mighty" (Tarzan le puissant).
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Le titre n’était pas anodin puisque n’ayant aucun compte à rendre à Burroughs sur l’ensemble de la production, Universal n’avait pas l’intention de prendre James Pierce que l’auteur essayait de placer désespérément mais misait plutôt sur un acteur gros bras, physiquement impressionnant.

C’est Joe Bonomo cascadeur de son état et ancien lutteur professionnel qui fut choisi. Le tournage démarra avec lui mais au bout de trois jours, lors d’une scène où il descendait d’un arbre, il loupa sa réception. Jambe fracturé et au minimum 7 semaines d’indisponibilité. Trop long pour attendre son retour. Un nouveau casting fut organisé et c’est finalement une vieille connaissance, Frank Merrill, ancienne doublure d’Elmo Lincoln dans le serial de 1921 qui décrocha le rôle. Le fait que les deux réalisateurs du serial Jack Nelson (qui était aussi au scénario) et Ray Taylor l’ait déjà dirigé dans le film "Peril of the Jungle" en 1927 n’y est pas étranger mais Merrill prouva qu’il avait l’étoffe pour jouer le personnage.
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Le premier choix.

Malgré une dégaine quelques peu incongrue, une épaisse fourrure le recouvre et il porte des petits chaussons assortis, l’acteur est très convainquant et se démarque de ses prédécesseurs par l’utilisation d’une corde qu’il a autour du torse lui servant à se déplacer d’arbre en arbre. La technique qu’il lui-même proposée sera reprise par la suite avec les fameux déplacements de lianes en lianes techniquement impossible à réaliser dans la nature. Il est aussi très classe dans le costume de Lord Greystoke.
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Frank Merill alias Arthur Poll et sa tenue imposante. L'habit ne fait pas le moine et il sera un très bon Tarzan.

Suite en dessous...
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Re: Tarzan (Cinéma et TV)

Message par Gradatio »

Suite...

Pour jouer Mary Trevor (une Jane qui ne porte pas le nom au grand désespoir de Burroughs) c’est Natalie Kingston, une danseuse qui formera un joli couple avec Merrill. Elle aussi étant très à l’aise entre les tenues de ville et la tenue très sexy pour l’époque en peau de bête.
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alias Natalie Ringstorm

Les raisons pour lesquelles elle ne fut pas appeler Jane dans ce premier serial reste une énigme mais il est notamment invoqué que le personnage en tant que tel n’apparait pas dans le texte à adapter. Ca me semble léger comme explication mais faute de mieux, on va la garder.

Le petit frère Bobby est joué par le propre fils de l’un des metteurs en scène, Bobby Nelson a six ans lorsqu’il endosse le rôle. Il avait déjà joué avec Merrill dans la production mentionnée au-dessus.
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Une petite parenthèse BD pour signaler que les noms de Mary et Bobby Trevor seront repris par Rex Maxon quand il lancera la planche du dimanche en 1931. Il s’agira pour Tarzan de guider deux jeunes enfants perdus à travers les dangers de la jungle.

Al Ferguson joue Black John. Spécialiste de méchants de films, son nom apparait au moins dans 300 génériques.
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Al Ferguson au premier plan

Enfin pour une fois, un acteur incarnant un grand singe est connu. Carlos Cruz Gemora, un Philippin d’origine, précurseur dans le domaine du déguisement. Il avait passé du temps à étudier le comportement des gorilles au zoo de San Diego. Il n’aura de cesse d’améliorer sa technique innovant sans arrêt. L’une d'entre elles consistant à remplir son costume de vessies d’eau qui simule le mouvement des muscles de l’animal incarné. Il jouera le rôle de la plupart des grands singes jouant dans le serial et restera toute sa vie dans l’ombre au service maquillage de La Paramount qu’il rejoignit au début des années 30 incarnant régulièrement les primates ou des extra terrestres.
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Carlos Cruz Gemora

Une autre personne joue dans le film sans que l’on s’aperçoive de sa présence. C’est Melvin Koontz, la doublure de Merill pour les combats face aux lions (en fait pratiquement un seul qui joue tous les félins et appelé Jackie). Passionné dès son plus jeune âge par le dressage, Pendant toute sa carrière, il sera dans cette partie dans au moins 600 films apparaissant dans 300 d’entre eux. Jackie apparut dans au moins 500 films avant sa mort en 1952. Ce qui est cocasse, c’est qu’il était plus petit que les Tarzan qu’il a doublé donnant au lion une proportion plus impressionnante dans les scènes de combat. Vous pouvez vérifier en visionnant les premiers Weissmuller car c’est lui aussi qui le double.
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Melvin Koontz et Jackie


Suite en dessous...
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Re: Tarzan (Cinéma et TV)

Message par Gradatio »

suite...

Le serial esr considéré comme perdu mais il reste pas mal de photos de scènes, ce qui donne une petite idée de l'ambiance.
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Re: Tarzan (Cinéma et TV)

Message par Gradatio »

Suite et fin...
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L'Européen, apperçu dans les scènes, est Lord Greystoke (Lorimer Johnston), l'oncle de Tarzan lancé à sa recherche.
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La dernière partie du serial se passe en ville. Black John essayant de se faire passer pour l'héritier des Greystoke.


Le premier chapitre sorti le 29 octobre 1928, l’accueil fut tellement enthousiaste qu’il fut décidé très vite de tourner 3 chapitres supplémentaires pour atteindre les 15. L’équipe était déjà prêtre à enchainer sur la seconde adaptation avec un nouveau scénariste mais avec la même distribution. Un nouveau serial prévu dès le départ en 15 chapitres allait être mis en chantier, cette fois-ci plus conforme au texte original. Ce sera le sujet de ma prochaine intervention.
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Re: Tarzan (Cinéma et TV)

Message par pak »

Aux États-Unis, Tarzan and the Golden Lion a été distribué par F.B.O. (Film Booking Offices). La date de sortie généralement retenue est le 20/03/1927.

Il y a aussi la date du 02/01/1927 qui circule, mais elle correspond à celle du copyright.
 
Le réalisateur J.P. McGowan fait partie de ces pionniers du cinéma à la carrière atypique. Ancien militaire ayant combattu durant la guerre des Boers de 1899, aventurier, cavalier émérite, il entre dans le monde du cinéma par la petite porte, il y fait le cascadeur, l'acteur, il est monteur, puis réalisateur, scénariste et même producteur.
 
Il est de la poignée de survivants au passage du muet au parlant, tournant jusqu'à la fin des années 1930, essentiellement des séries B, beaucoup de westerns. Quand il arrête sa carrière, il entre à la Guilde des réalisateurs d'Amérique (de nos jours la Directors Guild of America ou DGA), où il militera pour la défense des intérêts des réalisateurs dans le système alors cloisonné des studios.
 
Difficile par contre de trouver des informations sur la distribution du film en France...
 
Les films F.B.O. étaient distribués chez nous par les Cinématographes F. Méric, société spécialisée notamment dans la diffusion de films étrangers, comme on peut le voir dans la revue "Cinéma" n°18 de janvier 1929 (mais pas de présentation du film). Dans le numéro suivant de février, on peut lire une courte critique du film.
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J'ai néanmoins retrouvé la date de sa première représentation à Paris, au cinéma L'Apollo, rue de Clichy dans le 9ème arrondissement, le lundi 26/11/1928. C'est indiqué dans une page du n° 46 de "Cinémagazine" du 16/11/1928. Hélas pas de photos de présentation. L'Apollo, à l'origine une salle de spectacles de 2000 places construite en 1907, avait pour voisin le Casino de Paris. Si ce dernier existe encore, le cinéma fermera en 1958 et sera démoli.

Pourtant l'Apollo fut en son temps une attraction réputée pour son innovation technique nommée "Basculo" permettant de relever les rangées de sièges du milieu de la salle, dégageant ainsi un espace suffisant pour la transformer en salle de réception, de spectacle, de bal... Un concept précurseur de ce que sera une soixante d'années plus tard le palais omnisports de Paris-Bercy. De nos jours, l'Apollo a laissé place à un immeuble de bureaux moderne.

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Le système "Basculo" de l'Apollo


On trouve aussi trace de cette représentation dans hebdomadaire "Pour Vous" n° 2 du 29/11/1928 qui se fend d'une petite critique, là encore sans illustrations.
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Par contre, après cette présentation, je n'ai pas trouvé traces dans la presse d'exploitation du film à Paname, comme s'il n'avait pas trouvé preneur dans les salles parisiennes. Ce qui ne veut pas dire que cela a été le cas. Ou peut-être n'a-t-il été exploité qu'en province ? Le suivi des sorties nationales était moins carré à l'époque que de nos jours, et sans traces numérisées, il faut feuilleter laborieusement les magazines et journaux contemporains bien souvent introuvables ou inaccessibles, et un peu au petit bonheur sans connaissance de la date réelle de sortie.

En tous cas a priori pas d'articles documentés sur ce film. Il semble, comme le montre la publicité F. Méric, que le film était considéré comme une production lambda. Il faut dire aussi qu'en 1928, ce film pouvait paraître mineur par rapport à beaucoup d'autres qui sortaient alors en France, car le cinéma muet était à l'apogée de son art, et beaucoup de grands films (Verdun, visions d'Histoire, L'Aurore, Les Ailes, La Foule, L'Heure suprême, Crépuscule de gloire, Le Cirque, La Passion de Jeanne d'Arc, L'Opérateur, L'Argent, Ben-Hur... ) sortent alors que le muet vit sans le savoir ses dernières heures, le son arrivant à petit pas mais qui va à jamais révolutionner le septième art, notamment avec la sortie du film Le Chanteur de jazz...

De plus aux États-Unis, on commence à réfléchir à une manifestation récompensant les meilleurs films, et ceux sortis en 1928 seront sélectionnables pour ce qui deviendra la 1ère cérémonie des Oscars qui se tiendra en mai 1929. Le genre de films comme les aventures de Tarzan (ce sera rapidement la même chose pour le western) n'étant plus calibrés pour ce genre de reconnaissance professionnelle.
Il m'apparaît de plus en plus clairement que les motifs ténébreux de cette obscurité s'enrobent d'un mystère opaque assez peu propice aux interprétations lumineuses... Achille Talon

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Re: Tarzan (Cinéma et TV)

Message par Gradatio »

Superbe exposé une nouvelle fois :prie:

Merci d'avoir rétabli la date officielle de sortie. C'est celle du 2 janvier qui apparaît un peu partout.

La critique parue dans Cinéma parle bien de Ruth en tant que nièce de Tarzan.

Comment expliquer cette altération survenue sur la VF ? Une copie modifiée ? :dubitatif:
Screenshot_2024-02-12-14-21-19-093_com.google.android.youtube.jpg
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Re: Tarzan (Cinéma et TV)

Message par Jlucparker »

C'est tellement bien fait que je n'ose pas poster un message. Tes documents et la qualité de ces derniers me laisse sans voix ....
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Re: Tarzan (Cinéma et TV)

Message par Gradatio »

Merci Jean-Luc mais il ne faut pas hésiter. Le sujet est fait aussi pour échanger :wink:


8) Tarzan the Tiger
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Une affiche. Bizarrement, J'en ai trouvé très peu. J'ai mis ma préférée.

Avant même de connaitre les premiers résultats de "Tarzan the Mighty" qui sera un gros succès, Universal voulait profiter de la dynamique en enchainant sur le deuxième serial avec la même équipe d’acteur mais un nouveau réalisateur, Henri McRae. Le scénario issu du roman "Tarzan and the Jewel of Opar" fut écrit par Ian McClosky Heath qui avait déjà concocté le précédent associé cette fois-ci à William Lord Wrigtht.

On est cette fois-ci très proche du roman dans lequel un chassé croisé entre tout les protagonistes nous tient en haleine tout le serial avec au centre, des bijoux venus d’Opar. Tarzan part à la cité perdue pour faire le plein de lingots d’or. Il reçoit une pierre sur la tête qui le rend amnésique. Il erre alors dans la jungle avec un sac de pierre précieuse ramassées sur place que convoite l’aventurier Belge Albert Werper (joué par Al Ferguson toujours au casting) allié pour l’occasion (mais pour mieux se trahir) avec le scheik Ahmed Zek (Sheldon Lewis), un esclavagiste qui s’est emparé de Jane (pour le coup, Natalie Kingston a récupéré le vrai nom du personnage) pour la revendre au marché aux esclaves. Il faut rajouter la prêtresse La d’Opar qui elle aussi a quitté sa cité perdue pour assassiner Jane qui se trouve entre elle et Tarzan dont elle est amoureuse.
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Sheldon Lewis dans le rôle du Scheik Ahmed Zek

Il y a une polémique sur l’actrice qui incarne la prêtresse. Elle apparait au générique sous le nom de Mlle Kithnou. Une actice Indoue selon les uns, Un pseudo de l’actrice Lilian Worth selon d'autres, qui avait déjà jouée rôle en 1921 dans The Adventures of Tarzan. Ce petit accro entre amateurs est du au fait que le serial a été longtemps considéré comme perdu et on n’avait pas grand-chose pour comparer. Il a été à ce jour le dernier retrouvé en entier et paradoxalement le premier à sortir en DVD. Encore aujourd’hui, les sites que j’ai consultés ne semblent toujours pas très clairs et d'accord entre eux. J’ai l’impression qu’il ne s’agit pas de la même actrice mais d'une part, je ne suis pas très physionomiste et d'aute part, 7 ans ont passé entre les deux productions. Je laisse à chacun le soin de se faire une idée.
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Mlle Kithnou ou Lilian Worth ? Ou les deux ? Ici en compagnie d'Al Ferguson
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Le site officiel de Burroughs semble avoir tranché pour sa part.

La particularité de ce serial est de posséder une bande son rudimentaire (il existera en version totalement muette mais heureusement, c’est une copie avec son qui est arrivé jusqu’à nous). On y entend le rugissement des fauves, le sifflement des balles mais surtout le tout premier cri de Tarzan que Merrill a inventé. Je vous laisse le découvrir.


J’ai passé un excellent moment devant cette production de très bon niveau bien que la présence d’un tigre déambulant régulièrement dans la jungle pendant les 266 minutes du serial m’a semblé pour le moins étrange. Il fallait surement justifier le titre. Il n’empêche que pour moi, Merrill reste le meilleur Tarzan de l’époque muette (même si je n'ai malheureusement pas pu juger Gene Pollar. Un jour, je l'espère...).

Tout comme son partenaire inventa le déplacement dans les arbres via une corde, Nathalie Kingston inaugure dans ce film un passage qui sera présent dans toute la production à venir pendant les trente années suivantes : la scène de la baignade. Ici, elle est seule et entièrement nue. Même si la scène est fugace, elle a du avoir un sacré succès à l’époque. Maureen O Sullivan (plutôt sa doublure) auront moins de chance dans Tarzan et Sa Compagne longtemps privée de cette scène dans la tenue d’Eve.
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Suite en dessous...
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Re: Tarzan (Cinéma et TV)

Message par Gradatio »

Suite...

Nouveau carton plein pour ce serial et Universal. Si bien qu’un troisième serial était dans les valises "Tarzan the Terrible" devait être parlant. Malheureusement, la voix de Merrill, très aigue s’avéra être une catastrophe. Après avoir tout de même envisagé de le doubler, il fallut se rendre à l’évidence, cette technique n’était pas au point à l’époque. Le serial ne se fera jamais et Merill se retira du cinéma et devint commissaire du parc de Los Angeles. Natalie Kinsgston lui a emboité le pas en prenant sa retraite du cinéma en 1933.
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Le couple Greystoke. Il faudra attendre 35 ans pour revoir Tarzan en costume et quasiment 20 de plus pour que le cinéma retrouve les écrits des romans.
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Suite en dessous...
Tu n'es plus là où tu étais mais tu es partout là où je suis.
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Gradatio
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Re: Tarzan (Cinéma et TV)

Message par Gradatio »

Suite et fin...
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Et pour le plaisir
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Une dernière anecdote avant de conclure cette série d’articles sur les productions muettes. Le 15 mars 1929, Carl Laemmle, directeur d’Universal reçut la visite de Burroughs. Les premiers résultats de The Mighty étaient alléchants et le second serial se mettait en route. Vous vous souvenez que les droits des deux adaptations de roman avaient été cédés en 1922 et que dans le contrat, l’écrivain n’avait aucun reversement sur les bénéfices à venir. Burroughs fit part de son mécontentement en indiquant que pour lui 1 serial = 2 films adaptés et voulait persuader la firme de faire un film de The Tiger et non un serial. On voit bien où il voulait en venir et Laemmle resta inflexible. Burroughs repartit sans un dollar de plus en poche.
Suite à cette passe d’armes, il me semble étrange qu’un troisième serial ait pu être envisagé mais quand il y a une bonne quantité de billets verts, les accords se trouvent aisément.
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Avant le duo magique de la MGM, ça avait quand même de la "gueule".

Une époque se termine, une autre plus lucrative encore se prépare. Les années 30 seront celles de la puissante MGM et de son couple vedette Weissmuller/ O'Sullivan. Ce dont on parle moins, c’est que pendant cette décennie, trois acteurs dans trois productions (2 serials et 1 film) allaient être tournées (avec Burroughs à la manette ou en arrière plan) pour tenter de surfer sur le succès de la firme au lion qui rugit et son personnage à des années lumières du roman original. Elles allaient être piétinées sans pitié par le rouleau compresseur que représentait alors l’entreprise à l’instar des tribus indigènes par les éléphants à chaque fin de leurs films. Je vous en propose un historique prochainement.
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