Victor Hubinon : une vie en dessins (monographie)

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JYB
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Re: Victor Hubinon : une vie en dessins (monographie)

Message par JYB »

Une question qu'on pourrait se poser est : tout ce qui est dans le livre est-il actualisé ( et donc vérifié et vrai) ? Ce qui voudrait dire que certaines infos qui ont paru auparavant dans divers ouvrages et revues est faux ? Lesquels croire...?

En picorant de-ci, de-là dans ce bouquin, un pinaillage : page 58, l'auteur du dossier biographique, parlant des débuts de la série Buck Danny, écrit : "En 1948, dès la deuxième planche de La revanche des fils du ciel, les auteurs forment la dream team des Tigres volants, en y intégrant Sonny Tuckson et Jerry Tumbler." En 1948, c'est vrai (parution dans Spirou). Dès la deuxième planche de La revanche, les auteurs intègrent Sonny Tuckson, c'est vrai. Et Jerry Tumbler : ah, ça, ce n'est pas tout à fait exact, c'est planche 3... A noter qu'au début et pendant quelques années, le prénom Sonny s'écrit "Sony" avec un seul N. Par la suite, son prénom est devenu Sonny avec deux N, et ceci n'a jamais été corrigé dans les premiers épisodes. Donc, encore un pinaillage de ma part : en 1948, n'a pas été créé SoNNy Tuckson, mais SoNy Tuckson.

Au niveau des dates signalées dans l'ouvrage, il y a justement une grosse confusion ; c'est là où je voulais en venir. Cela pourrait être du pinaillage de ma part, mais on va voir plus loin que parfois, ça n'en est pas. Sous chaque visuel du livre dont on cause, il y a une courte légende indiquant en particulier la date où la planche a paru. Mais il y a méli-mélo. Parfois, c'est la date de parution dans Spirou (pour Buck Danny en particulier ; voir mon pinaillage ci-dessus). Mais souvent, c'est une autre date qui est donnée dans les légendes : celle de la sortie de l'album. Par exemple, sous une image extraite de l'histoire Escadrille ZZ, c'est indiqué : 1961. Non : la BD a paru dans Spirou à cheval sur 1959 et 1960 ; 1961, c'est la parution en album.
Il aurait fallu harmoniser les dates, tant dans les textes que dans les légendes : soit toutes les dates indiqueraient l'année où les BD ou illustrations ont paru dans un journal, soit toutes les dates indiqueraient l'année où elles ont paru en album, ce qui intervient en général un an après la parution dans un journal. Les dessins originaux des couvertures d'albums (un certain nombre de ces dessins sont présentés dans le livre), oui, c'est normal qu'ils soient datés de l'année de la sortie de l'album.

Personnellement, il me paraît évident que si le livre doit raconter la vie et le travail de Hubinon, il doit dater les BD de l'année où il les a réalisées (pour Spirou dans le cas de Buck Danny, pour Pilote dans le cas de Barbe-Rouge, etc.). En effet, il peut y avoir un assez long intervalle entre la prépublication dans un journal et la parution en albums. Ce qui fut le cas, entre autres, de Barbe-Rouge : un épisode a même été longtemps introuvable en album parce que Dargaud ne l'a édité que 20 ans après la parution dans Pilote... Et là, ce n'est plus du pinaillage de ma part de dire qu'il ne faut pas se tromper de date pour situer véritablement l'oeuvre dans le temps... (et encore, ici je ne détaille pas cet album car l'affaire est plus compliquée dans la réalité de sa composition).

Dans le cas de la série Buck Danny, l'auteur du dossier biographique écrit (page 61) : "En 1969, vingt-trois ans après les Japs attaquent, Victor Hubinon franchit une nouvelle étape dans la virtuosité technique. Le passage à trois strips par planche dans Les Anges bleus." Les Angles bleus ayant été prépubliés dans Spirou en effet en 1969, mais Les Japs attaquent ayant paru dans le même journal en 1947, cela ne fait pas vingt-trois ans d'intervalle, mais vingt-deux. Si l'auteur avait compté la date de sortie de l'album Les Anges bleus, en 1970, oui, là, ça fait vingt-trois ans d'écart. Mais faut choisir : c'est soit 1969, mais 22 ans d'intervalle, soit 1970, et 23 ans d'intervalle.
Quant à parler de "virtuosité technique" quand un dessinateur passe de 4 bandes à 3 bandes, euh... En plus - encore du pinaillage -, Les Japs attaquent (et les albums suivants) étaient sur 5 bandes, pas 4...

Page 140, la légende d'un visuel (une demi-planche de Buck Danny) indique : 2020. Mais Hubinon est mort en 1979. Comment a-t-il pu dessiner une planche en 2020...?! Or, la demi-planche en question est un extrait du récit court Duel dans le ciel, qui avait paru dans Risque-Tout en... 1955. L'explication de l'indication 2020 : c'est l'année où a paru un album spécial de Buck Danny contenant cette BD. Au niveau des dates, de 1955 à 2020, c'est le grand écart ! Sachant que la même BD avait été republiée dans l'intervalle à deux ou trois reprises, dont un replacement dans Spirou en 1979 à l'occasion d'un hommage à Hubinon qui venait de décéder, et une fois dans une intégrale de Buck Danny dans les années 2010... Donc, pourquoi dater la demi-planche arbitrairement de 2020 ?

Comme j'ai dit un post plus haut : bref...
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Raymond
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Re: Victor Hubinon : une vie en dessins (monographie)

Message par Raymond »

Tu ne penses pas que tu pinailles un peu trop ? :wink:
JYB
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Re: Victor Hubinon : une vie en dessins (monographie)

Message par JYB »

Raymond a écrit : sam. 15 janv. 2022, 09:25 Tu ne penses pas que tu pinailles un peu trop ? :wink:
Que je pinaille, je suis le premier à le reconnaître, j'ai employé au moins quatre fois le mot "pinaillage" dans mon post ci-dessus.

Mais que je pinaille trop, non. Ce qui est trop, c'est le nombre d'imprécisions dans cet ouvrage...! Au point parfois d'induire le lecteur en erreur, ce qui ne devait pas être le but de l'éditeur.
Ne te trompe pas de cible : ce n'est pas moi suis "trop" (dans mes pinaillages), c'est l'éditeur et les auteurs qui sont "trop" (dans leurs imprécisions, ou plutôt dans le nombre d'imprécisions).
Je n'aurais détecté que deux ou trois imprécisions sur l'ensemble des 320 pages, je n'aurais rien dit. Mais là, vu ce que je découvre page après page... Et encore, je suis loin d'avoir tout lu et tout épluché.
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Raymond
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Re: Victor Hubinon : une vie en dessins (monographie)

Message par Raymond »

Ne t'y trompes pas ! J'apprécie que tu apportes des précisions sur le lettrage des planches de Victor Hubinon, qui était en réalité effectué par le frère de Mitacq. J'ignorais pour ma part ce détail et je ne dois certainement pas être le seul dans ce cas. Cela prétérite bien sûr un peu le travail de François Schuiten, qui n'est pas un spécialiste des œuvres de Charlier et Hubinon, mais cela m'intéresse quand même de lire ses commentaires quand j'aurai pu acheter ce livre.

Mon intervention sur le pinaillage concerne plutôt tous ces remarques à propos des dates de publications des planches de BD. Je n'en vois pas l'intérêt. Tout le monde sait que les pages de Buck Danny ou du Démon des Caraïbes ont été prépubliées 1 ou 2 ans dans un journal avant leur publication en album. Quel intérêt de dénoncer que l'auteur du livre ne choisisse pas uniquement la date de publication dans le journal. Escadrille ZZ a en effet été dessiné entre 1959 et 1960 (tu n'es pas sûr de l'année) et le concepteur du livre a préféré indiquer de son côté la date de publication de l'album, qui elle est certaine. C'est un choix éditorial et je n'y vois pas une "erreur". Je ne vois vraiment pas ce que le fait être ultraprécis va changer sur le fond. Il n'y a pas lieu de discréditer ainsi cet art-book ... que je n'ai pas encore lu mais cela ne va certainement pas tarder. :wink:
JYB
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Re: Victor Hubinon : une vie en dessins (monographie)

Message par JYB »

Je ne discrédite pas cet art-book ; j'ai déjà dit, et j'en profite pour le redire ici, qu'il vaut le déplacement pour la repro de très nombreuses planches de Hubinon. Je dois avouer que je suis vraiment épaté par le dessin, le trait, l'encrage, de Hubinon, et je ne regretterai jamais l'achat de ce livre. On voit aussi la différence énorme entre un original, la pureté du trait, etc., avec ce qui a pu être imprimé dans Spirou par exemple, autrefois, où beaucoup de détails disparaissent, y compris à cause d'une mise en couleur et d'une impression de mauvaise qualité. Donc, je le dis, il FAUT avoir ce livre.

C'est au niveau des textes que ça pêche. On dirait que les textes sont là parce qu'il en fallait, pour faire "remplissage", sans plus. Je précise qu'au niveau des légendes sous les visuels, en général, c'est bon (je dis bien : en général, car je pourrais causer de certains points), sauf les dates qui ne correspondent pas vraiment (voir mon post plus haut).

Concernant les dates de parution, je précise encore une chose importante : il y a quand même moyen, dans le livre, de s'y retrouver. En effet, tout à la fin, il y a deux listes : une qui présente chronologiquement les titres des journaux, et les dates de parution dans ces journaux de toutes les planches publiées dans l'art-book ; et une autre liste qui donne les titres des albums, série par série. Mais voilà qui est curieux et pas pratique : dans le corps du livre, sous chaque visuel, on lit en général une autre date que celle de la prépublication dans tel ou tel journal, et pour avoir la date exacte (ou plus juste), il faut aller voir à la fin, dans la liste chronologique. Quitte à mettre une date sous chaque visuel, n'aurait-il pas été plus simple, plus pratique et plus logique de mettre directement la bonne date de la parution dans un journal ?
Ou alors de ne mettre aucune date sous les visuels ; puisqu'il s'agit d'un art-book dont le but est d'admirer les beaux dessins, il suffisait de mettre en légende de chaque visuel le titre de l'histoire concernée, et avec ça, le lecteur peut aller à la fin voir en quelle année c'est paru. Mais quelle complication dans la manipulation de l'ouvrage (qui pèse lourd). Dans le sens inverse, on ne peut pas retrouver un dessin d'après la liste à la fin, car dans cette liste, il n'y a pas la référence de la page de l'art-book où chaque planche est publiée.
Comme on dit : "Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ?" ; il suffisait de mettre sous chaque visuel la date de prépublication dans un
journal, pas la date de publication en album, qui ne rime pas à grand chose. Pour résumer, je dirais que c'est quand même bordélique.
Reste donc l'art-book, qu'on feuillète avec admiration pour les dessins.

Tu me dis aussi que je ne suis pas sûr de la date de parution dans Spirou de l'histoire Escadrille ZZ, parce que j'ai mis la date 1959-1960. C'est mal me connaître... Je suis très sûr de la date de parution de cette histoire et j'ai mis 1959-1960 parce que c'est bien à cheval sur ces deux années. J'en suis d'autant plus sûr que je peux même apporter les précisions suivantes : du 19 novembre 1959 (Spirou n°1127) au 14 avril 1960 (Spirou n°1148). C'est parce que je connais très bien tout ça que j'ai repéré assez vite toutes les imprécisions qui figurent dans l'art-book.

Cela dit, je peux apporter plein de précisions autres que la date de parution des planches. Un peu plus haut, j'ai fait une digression sur les dates de parution car il y a des trucs qui m'ont chiffonné et, apparemment, outre les imprécisions, il y a quelques lacunes. Mais concernant les dates, je peux raconter des choses qui, cette fois, touchent à d'autres domaines. Ainsi, dans la bio de Hubinon, il est rappelé que JM Charlier et V Hubinon sont devenus eux-mêmes pilotes. Page 53, il est dit que, "dès 1947, les deux apprentis pilotes survolent la mer du Nord aux commandes d'un vieux De Havilland Tiger Moth, racheté dans un surplus de l'armée anglaises". Oui, mais non. Ce n'est pas en 1947. Charlier a commencé à apprendre à piloter le 10 septembre 1948 et a passé son brevet - le même jour que Hubinon - en 1949. Donc, comment ces "apprentis pilotes" ont-ils pu être aux commandes d'un avion en 1947 ? (je sais : la date de 1947 est donnée partout dans les biographies de Charlier et de Hubinon, mais c'est faux...).
En plus, s'ils ne sont qu'"apprentis pilotes", comment ont-ils pu se retrouver au-dessus de la mer du Nord...? Car on voyage comme ça au-dessus de la mer (pour aller dans un pays étranger, en l'occurrence l'Angleterre dans le cas de Charlier et Hubinon) quand on est brevetés, pas apprentis... Et une imprécision de plus...
Modifié en dernier par JYB le sam. 15 janv. 2022, 23:53, modifié 1 fois.
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Gradatio
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Re: Victor Hubinon : une vie en dessins (monographie)

Message par Gradatio »

Raymond a écrit : sam. 15 janv. 2022, 10:32
Mon intervention sur le pinaillage concerne plutôt tous ces remarques à propos des dates de publications des planches de BD. Je n'en vois pas l'intérêt. Tout le monde sait...
Pas forcément. :wink:

J'apprécie beaucoup les explications de Jyb. Je ne connais pas très bien toute ces dates et étant plutôt pinailleur assumé sur les bds que je connais bien, je suis content de voir que je ne suis pas le seul.

C'est quand même le comble d'éditer un bouquin avec autant d'imprécisions :o

Comme le dit JYB autant n' editer que les dessins :deso:
Le sage est celui qui connait ses limites. :jap:
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Re: Victor Hubinon : une vie en dessins (monographie)

Message par JYB »

Gradatio a écrit : sam. 15 janv. 2022, 11:43J'apprécie beaucoup les explications de Jyb. Je ne connais pas très bien toute ces dates et étant plutôt pinailleur assumé sur les bds que je connais bien, je suis content de voir que je ne suis pas le seul.

C'est quand même le comble d'éditer un bouquin avec autant d'imprécisions :o

Comme le dit JYB autant n' editer que les dessins :deso:
Merci de ton soutien...
C'est dommage que je sois débordé par d'autres activités car je pourrais continuer à citer d'autres imprécisions, ou des omissions qui risquent de laisser perplexes les lecteurs curieux, voire peut-être quelques erreurs.

Cela aurait été bien, également, de signaler dans l'art-book quand une planche est encrée par Eddy Paape, le co-réalisateur de nombreuses planches de Buck Danny et de Barbe-Rouge (et de Tiger Joë et d'autres personnages encore). Ce n'est pas évident parfois de faire la distinction de qui a fait quoi, mais la planche 298 de l'histoire de Buck Danny, Un avion n'est pas rentré, publiée page 131 de l'art-book, semble avoir été encrée par Paape, même si Hubinon a signé la planche (oui, tout est de Hubinon... sauf l'encrage à mon humble avis).

Mais je pense que les planches encrées plus clairement par Paape ont été volontairement écartées de cet art-book, pour ne faire apparaître que les planches strictement dues à Hubinon (ce qui est normal, vu que c'est un livre sur Hubinon). Mais certaines planches sont si bien faites, avec une telle harmonie et une telle fusion dans la collaboration, que ça ne saute pas aux yeux quand c'est Paape qui a encré... Avis aux connaisseurs : la planche 298 citée plus haut doit être encrée par Paape, non ?
Jean-Louis
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Re: Victor Hubinon : une vie en dessins (monographie)

Message par Jean-Louis »

Je suis complètement d'accord avec JYB pour son souci de précision et d'exactitude.
Après, libre à chaque lecteur d'estimer si, pour son compte personnel, les dates ne sont pas importantes.
Cependant elles révèlent, de par leur facilité à pouvoir être vérifiées, qu'elles ne sont que la partie émergente de l'iceberg des erreurs que contient ce livre.

Pour ma part, je pense que ces imprécisions, ces confusions faites entre les dates de parution en périodique et en album sont inadmissibles.
D' autant plus que ce sont des informations de base, facilement vérifiables.
Les dates les plus pertinentes à indiquer auraient été, à mon avis, celles de la parution en journal, car ce sont celles qui se rapprochent le plus de la date de réalisation de la planche par Hubinon.

Et sur le fond, si on a déjà autant d'erreurs sur des indications de dates (lesquelles sont des informations basiques très facilement vérifiables, comme déjà dit), cela hypothèque gravement l'exactitude des autres commentaires, soupçon dont JYB a pu nous fournir confirmation avec un échantillonnage d'erreurs plus haut.

En l'état, si très probablement (je ne l'ai pas encore tenu en mains) ce livre vaut la peine d'être acheté pour l'intérêt des reproductions qu'il contient, il semble préférable d'ignorer tout ce qui est texte, car vu le nombre important d'erreurs (à moins de déjà bien connaître le parcours d'Hubinon), il n'est pas possible de pouvoir trier le faux du vrai.

C'est très gênant pour le pauvre amateur qui connaitrait mal Hubinon, car il apprendra des choses fausses, et c'est bien dommage. :deso:
JYB
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Re: Victor Hubinon : une vie en dessins (monographie)

Message par JYB »

Jean-Louis a écrit : sam. 15 janv. 2022, 13:37 Après, libre à chaque lecteur d'estimer si, pour son compte personnel, les dates ne sont pas importantes.
Cependant elles révèlent, de par leur facilité à pouvoir être vérifiées, qu'elles ne sont que la partie émergente de l'iceberg des erreurs que contient ce livre.

Pour ma part, je pense que ces imprécisions, ces confusions faites entre les dates de parution en périodique et en album sont inadmissibles.
D' autant plus que ce sont des informations de base, facilement vérifiables.
Les dates les plus pertinentes à indiquer auraient été, à mon avis, celles de la parution en journal, car ce sont celles qui se rapprochent le plus de la date de réalisation de la planche par Hubinon.
Je rappelle qu'au niveau des dates, il y a tout de même moyen de s'en sortir grâce à la liste chronologique publiée à la fin du livre. Mais ça demande un effort (feuilleter le livre, aller à la fin, revenir en arrière, mettre des marque-pages...), ainsi qu'un peu de recherches et de recoupements quand - ça arrive - il y a un petit mystère concernant quelque chose qui pose question. Alors qu'il aurait été si simple de mettre en effet, en légende de chaque visuel, la date de sa toute première parution dans un journal. Avec le titre de l'histoire et le nom du héros, c'était LE renseignement indispensable.

A signaler aussi - je ne l'ai pas dit, mais c'est important - que les scans des planches sont placées dans le livre dans un ordre plus ou moins chronologique ; ça commence par les premiers travaux de Hubinon, et ça finit par ses derniers travaux peu avant son décès, donc, il y a quand même moyen de voir ses progrès et l'évolution de son style au fil des années, en feuilletant le livre à partir du début.
Mais ce classement est un peu "à la louche" car, évidemment, l'exception confirmant la règle, il y a parfois des mélanges (des mélanges compréhensibles parce que ce n'est pas évident de tout bien classer "pile poil" en fonction de certains paramètres, mais d'autres incompréhensibles car mal calculés). On dirait aussi - je n'ai pas tout vérifié un par un - que le classement chronologique des visuels s'est fait en fonction de la date de parution en album, or, voir plus haut, il aurait fallu légender les visuels avec les dates de première parution, et donc classer les visuels en fonction de ces dates de parution.
Et attention : le livre se partage en deux : une sorte de dossier d'introduction d'une soixantaine de pages racontant la vie et l'oeuvre de Hubinon, où les scans sont placés dans un ordre plus ou moins chronologique (avec de gros mélanges...), puis la partie, plus importante, des planches commentées par François Schuiten, où, là, c'est un peu mieux classé chronologiquement. Mais ce qui fait que quand on passe de la fin de la première section au début de la seconde, il y a un saut en arrière dans le temps... Donc, ce que je dis plus haut sur le classement chronologique des visuels entre le début et la fin, ce n'est pas exactement entre le début et la fin du livre, mais plutôt entre le début et la fin de la seconde section...
A part ça, tout va bien...
Jean-Louis a écrit : sam. 15 janv. 2022, 13:37C'est très gênant pour le pauvre amateur qui connaitrait mal Hubinon, car il apprendra des choses fausses, et c'est bien dommage. :deso:
Voilà, c'est là le problème... Le "pauvre amateur" va croire mordicus ce qui est raconté en pensant que ça a été vérifié et "verrouillé".

Tiens, un truc qui risque d'égarer le "pauvre amateur", mais lecteur attentif qui observe bien les visuels et les légendes. Pages 98 et 99, il y a sur chaque page une repro d'une planche de la série BD Tiger Joë. Une légende commune aux deux dit :"Tiger Joe tome 2, Le cimetière des éléphants, planches 70 et 71. Editions Deligne, 1977" Comme on sait (?), la série Tiger Joë a paru au tout début des années 1950 dans le journal belge La Libre Belgique et il y en a eu trois épisodes dus à Hubinon (et à Charlier au scénario).
Problèmes :
- Tiger Joë s'écrit ainsi, avec un tréma sur le E de Joë. Or, dans l'art-book, Joe est écrit sans accent (dans cette légende et ailleurs dans le livre).
- les planches 70 et 71 sont bien dans l'épisode 2 de la série, mais au départ, il n'y a pas eu de tome 2 en album ; les histoires ont été publiées dans La Libre Belgique et seul le premier épisode a été édité à l'époque. Donc, le tome 2, c'est celui des éditions Deligne de 1977 cité dans la légende, mais qui est largement décalé dans le temps par rapport à la période de création.
- l'épisode 2 n'a pas pour titre Le cimetière des éléphants ! Dans La Libre Junior, cet épisode s'intitulait La piste de l'ivoire. Et le tome 2 des éditions Deligne est intitulé justement La piste de l'ivoire.
- le titre Le cimetière des éléphants existe : c'est celui du tome 1 des éditions Deligne en 1977.
- le tome 1 de Tiger Joë aux éditions La Libre Belgique n'avait pas de titre. C'était juste "Tiger Joë" (et donc, il n'y a eu que cet album édité par La Libre Belgique, et ce, en 1951).
- le tome 2 a bien été édité par Deligne en 1977, mais l'éditeur Claude Lefrancq a édité aussi l'album, en 1988. Donc, pourquoi signaler la seule édition de Deligne ?
- à vérifier, mais je crois que l'encrage est dû à Eddy Paape ; si j'ai raison, ça vaudrait le coup de l'indiquer.
- dans le bas de chaque planche originale, dans l'art-book dont on cause, il y a des annotations au crayon destinées au flasheur pour imprimer les planches. Une des annotations indique "Pilote 275". En effet, ces planches ont été replacées dans le magazine Pilote (n°275, donc) en 1964. Au sujet de cette mention de Pilote sur le visuel, un minimum d'explication dans la légende n'aurait pas été superflu, car je suppose que les lecteurs ne vont pas se contenter de ne regarder strictement que les dessins sur les planches, mais ils vont sans doute aussi déchiffrer les inscriptions, apprécier les pliures et les taches, les bouts de papier collant ou les agrafes, etc., bref tout ce qui fait la vie d'une vieille planche de BD...

Comme je disais plus haut : à part ça, tout va bien.
Modifié en dernier par JYB le jeu. 20 janv. 2022, 09:56, modifié 1 fois.
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batless
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Re: Victor Hubinon : une vie en dessins (monographie)

Message par batless »

J'ai fait comme je ne sais plus qui l'indiquait. J'ai photocopué les messages de JYB et j'ai mis dans l'album ! J'ai plus confiance en lui qu'en l'auteur du bouquin.
Reste à trouver un specialiste de batem pour savoir si sa monographie est aussi rempli d"erreurs
Recherche magazines Hara kiri.... Archie collection héritage "le mariage" tome 3-4-5-6-7-8-9.......Alien Vs Predator War tome 4
JYB
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Re: Victor Hubinon : une vie en dessins (monographie)

Message par JYB »

batless a écrit : sam. 15 janv. 2022, 18:24 J'ai fait comme je ne sais plus qui l'indiquait. J'ai photocopué les messages de JYB et j'ai mis dans l'album ! J'ai plus confiance en lui qu'en l'auteur du bouquin.
Reste à trouver un specialiste de batem pour savoir si sa monographie est aussi rempli d"erreurs
C'est moi qui ai suggéré que ceux que ça intéresse impriment mes notes et les glissent dans le livre, pour avoir la bonne version des faits...

Tu vas pouvoir ajouter une autre note. Pages 314, 315 et 317, il est question de la dernière BD qu'a réalisée Hubinon avant de décéder : une histoire de pirates intitulée La Mouette. Il est écrit que le scénario est de Victor Hubinon. C'est faux. Le scénario est dû à la compagne d'alors de Hubinon, Gigi Maréchal (Gigi est le diminutif que tout le monde utilisait, mais le vrai prénom de la compagne d'Hubinon est Josette). En fait, ils l'ont écrit à deux, mais le nom de Gigi Maréchal est bien noté comme scénariste dans Spirou à l'époque (1978-79 ; Hubinon est décédé durant la publication de la BD dans les pages de Spirou, il n'a pas vu la fin paraître), et son nom figure partout sur le Net (fais une recherche, tu vas voir).
Note : tout ce que je viens d'écrire, ligne après ligne, ne figure pas dans le livre. C'est cadeau.

Le seul endroit où l'on ne saura rien de l'existence de cette Gigi Maréchal, c'est donc dans ce livre art-book qui vient de sortir (pourtant, Hubinon s'est inspiré du physique de Gigi pour dessiner sa nouvelle héroïne - La mouette est le nom d'une femme pirate). Mais je devine que cet "oubli" vient de la pression de la fille de Hubinon...
JYB
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Re: Victor Hubinon : une vie en dessins (monographie)

Message par JYB »

Complément :
Ceux qui, comme batless, auraient imprimé mes textes postés sur ce forum pour les insérer dans le livre Victor Hubinon, une vie en dessin, vont pouvoir réimprimer deux d'entre eux car j'ai fait deux coquilles (comme quoi, nul n'est parfait......). Page 1, j'ai parlé des pseudos de Hubinon à ses débuts et j'ai cité Victor Hugues. En fait, le pseudo s'écrit Hughes avec un H à la place du second U. Et dans cette page, un peu plus haut - signalé par un fidèle lecteur-internaute qui se reconnaîtra -, j'ai mis un inopportun S du pluriel à un mot qui ne devait pas en avoir... (j'ai entre-temps corrigé ces fautes).

Puisque j'interviens, profitons-en, voici autre chose :
Pages 214 et 215 du livre, en légende de trois planches de Barbe-Rouge (l'une est en fait une demi-planche présentée sur une double page, pages 216/217), il est écrit : "Barbe-Rouge tome 2, Le roi des sept mers, planches 1 et 33, Dargaud 1962" et : "Double page suivante : Barbe-Rouge tome 2, Le roi des sept mers, planche 60A, Dargaud, 1962". Planche 1, OK, c'est bien dans l'édition de Dargaud 1962. Mais pour ce qui est des planches 33 et 60, je paie des cacahuètes, et même carrément un lingot d'or, à celui qui me trouvera un album Dargaud de 1962 du Roi des sept mers qui contient les planches 33 et 60...
En effet, cet album (de 1962 je répète), par une manipulation éhontée comme seul Dargaud était capable, s'arrête à la planche 31 du Roi des sept mers, en plein cours de l'histoire !!
Les fameuses planches 33 et 60 ont fini par paraître, mais 20 ans après leur prépublication dans les pages de Pilote (j'avais vaguement évoqué ça dans un précédent post), dans un album daté de 1981 et intitulé Le jeune capitaine.
Soit dit en passant, bonjour le suspense pour les lecteurs qui n'ont connu que les albums et qui ont attendu 20 ans la fin de l'aventure Le roi des sept mers...

A noter que, dès le départ, il y a un peu plus d'un mois, j'avais flairé que ce livre art-book sur Hubinon serait approximatif, même sans avoir parcouru son contenu. En effet, rien qu'au vu de la couverture présentée en décembre sur divers sites pour annoncer sa parution le 14 janvier, ça commençait mal. Cette couverture (mise en ligne au début de la page 1 du présent topic) montre Buck Danny aux commandes d'un avion. Ce qu'on ne sait pas, c'est que ce dessin est repris d'un poster que Hubinon avait fait pour Spirou en 1969, au moment de la prépublication de l'histoire des Anges Bleus dans les pages du journal (c'est dans le numéro 1620 du 1er mai 1969). Voici une photo du poster :


poster12.jpg

On voit que les couleurs du poster dans Spirou ne sont pas les mêmes que sur la couverture du livre. Il faut savoir que la patrouille acrobatique des Anges bleus s'appelle ainsi (Blue Angels en anglais) parce que ses avions sont bleus (normal et logique pour des avions de la marine, et on comprend que c'est assez logique et naturel que les pilotes se soient autobaptisés "Anges bleus"). Hubinon, bien sûr, avait fait colorier les avions en bleu. Logique encore. Je suis prêt à parier que c'est Hubinon lui-même qui a indiqué les couleurs du poster à l'intention du studio des coloristes de Spirou/Dupuis, pour que les couleurs soient conformes (dans le livre, on voit d'ailleurs plusieurs exemples d'indications de couleurs données par Hubinon lui-même, pour des planches ou des couvertures ; la plupart des indications sont des mises en couleur, soit à la gouache au dos de certaines planches, soit au crayon de couleur sur des feuilles de calque transparent, ou alors sous la forme d'annotations écrites à la main, dans les marges des originaux).

Question existentielle : sur la couverture du livre, fallait-il reprendre les mêmes couleurs que celles du poster ? Personnellement, je serais tenté de dire oui car :
1) ce sont les couleurs réelles des avions ; donc il fallait les colorier en bleu pour une simple raison documentaire
2) ce sont celles du poster qui, lui, a été publié à l'intérieur d'un numéro de Spirou, donc, le document existe en l'état
3) ce sont des couleurs certainement voulues par Hubinon, donc, par respect pour Hubinon (ce livre a été fait en son hommage), il fallait garder les mêmes.
Mais il y a peut-être une raison "artistique" qui a fait que l'éditeur a choisi de refaire les couleurs ? Je ne me lancerai pas dans cette vaste discussion...

A noter (bis) que :
- les couleurs du poster ne sont pas fidèles à 100%, car... Hubinon s'est planté ! Voir en particulier les casques rouges des pilotes, alors que les Blue Angels ont de tout temps eu, et ont encore, des casques jaunes "bouton d'or"... Il fallait le savoir... (Il n'y a pas que ça ; il y a d'autres défauts documentaires au niveau des couleurs des avions, et aussi au niveau du dessin des avions, mais on va dire que c'est du pinaillage, donc je vais épargner à Raymond de me reprocher de pinailler).
- dans le livre art-book, nulle part n'est indiquée l'origine de ce dessin en couverture (j'ai cherché, pas trouvé ; j'ai peut-être mal cherché). Donc, on saura l'origine du dessin en lisant le présent topic. Ou en lisant l'intégrale n°10 de Buck Danny chez Dupuis, où ce poster est reproduit et dûment légendé.

Comme je l'ai dit déjà à plusieurs reprises ici : à part ça, tout va bien...
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batless
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Re: Victor Hubinon : une vie en dessins (monographie)

Message par batless »

Merci pour tout :jap:
Recherche magazines Hara kiri.... Archie collection héritage "le mariage" tome 3-4-5-6-7-8-9.......Alien Vs Predator War tome 4
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Re: Victor Hubinon : une vie en dessins (monographie)

Message par JYB »

Quand y'en a plus, y'en a encore...

Page 54 du livre, un texte occupe une colonne composée de trois paragraphes.

1er paragraphe : "Georges Troisfontaines, le fondateur de l'agence World Press (...). Dès 1938, il tient (...) la rubrique Spirou aviateur dans le Journal de Spirou sous la signature de G. Sel".
Oui, mais non. Sa signature s'écrit Cel, avec un C. Voilà une info qui ne manque pas de... sel.
Troisfontaines signait aussi parfois Georges Cel, avec son prénom complet.
Pourquoi "Cel" ? Car c'est la seconde syllabe du prénom Marcel, qui est celui d'un des bons copains de jeunesse de Troisfontaines. La rubrique Aviation dans Spirou a été créée par ce dernier à l'automne 1938 et, en été précédent, il venait de camper avec deux copains, dont le fameux Marcel. Et voilà comment ça s'est goupillé.
Je précise en passant que Troisfontaines était le parrain de Michèle Hubinon, fille et ayant droit de Victor, et détentrice des planches originales de son père. Et que la planche 1 des Japs attaquent le premier épisode de Buck Danny, a été donnée en cadeau par Victor à Troisfontaines, dont on sait qu'il est le co-créateur de la série Buck Danny. C'est pour dire qu'il aurait fallu faire attention, dans ce livre, à bien orthographier le pseudo du patron, et à la fois ami intime, de Hubinon.

2e paragraphe : "A la fin de l'été 1944, (...) Georges a l'idée de transformer sa rubrique aviation en récit de bande dessinée, sous la forme d'un "cours de chef pilote". En octobre, il recrute Jean-Michel Charlier et lui confie les illustrations de ce nouveau projet."
Oui, mais non.
D'abord, pinaillage, Charlier n'a pas été recruté en octobre, mais au cours de l'été.
Ensuite, pinaillage encore, ce n'est pas "un cours de chef pilote", mais LE cours DU chef pilote, tel est le titre de la rubrique.
Enfin, et surtout, la rubrique aviation sous la forme d'une BD intitulée Le cours du chef pilote existe depuis 1941... Troisfontaines, alias G. Cel, l'a créée en décembre de cette année-là et a fait dessiner cette BD d'abord par un certain Alexis Peclers, alias Pec's, puis par Charlie Delhauteur, un de ses plus fidèles collaborateurs parmi les fidèles. Alors, ce "nouveau projet" en 1944...
A preuve, au cas où l'on ne me croie pas, cette BD, publiée dans Spirou n°25, en 1942 (on devine en bas la signature "Charlie Del", comme signait alors Charlie Delhauteur) :


spirou24.jpg

En plus, c'est en couleur, s'il vous plaît, alors qu'on est en pleine guerre mondiale, donc avec toutes les difficultés que cela peut représenter dans une Belgique occupée.
Note : j'ai déjà posté ce visuel sur le présent forum, il y a deux ans. Il y a donc redite, mais si l'auteur du texte du livre était passé nous voir, il aurait pu apprendre tout ça.

3e paragraphe : "Georges (...) propose (à Victor Hubinon) de lancer ensemble un héros aviateur". Ce sera la première aventure de Buck Danny, intitulée Les Japs attaquent. On va dire que je pinaille encore, ou que je joue sur les mots, mais c'est davantage histoire de causer car il n'y a pas vraiment faute : en réalité, le héros est, pendant les huit premières pages, donc lors du lancement de l'histoire, ingénieur dans un chantier naval. On est loin de l'aviation.
Je soupçonne d'ailleurs Troisfontaines d'avoir imaginé ça dans l'improvisation et d'avoir voulu raconter en BD le raid des Japonais sur Pearl Harbor - d'où le titre Les Japs attaquent, à savoir strictement l'attaque de Pearl Harbor qui est le propos de ces huit premières planches -, en créant un personnage fictif (l'ingénieur naval Buck Danny) pour que les lecteurs puissent avoir sous les yeux la référence d'un héros qui sert de fil conducteur.
De même que, juste avant dans Spirou, via un autre récit fictif, ou plutôt une sorte de docu-fiction, avec un personnage également fictif, créé pour l'occasion, Hubinon a dessiné l'histoire du torpillage du Bismarck (scénario de Charlier cette fois) ; l'histoire fait 16 planches et après, les auteurs sont passés à autre chose (à savoir l'attaque contre Pearl Harbor dans un autre docu-fiction). La nouvelle histoire s'est faite sans Charlier car Troisfontaines et lui s'étaient fâchés et Charlier avait été viré... (provisoirement, puisqu'il a finalement été repris par Troisfontaines, c'est comme ça que Charlier est devenu le scénariste de Buck Danny dont une quinzaine de planches avaient été déjà écrites et dessinées). C'est pendant ces 15 planches sans Charlier que, tout à coup, Buck Danny est devenu pilote dans l'Aéronavale, et peut-être que ça, ce n'était pas prévu au départ...

Passons à autre chose : pages 92 et 93 du livre sur Hubinon, est présentée, sur une double page, en très grand format, un extrait de la planche 246 de l'histoire Dans les griffes du dragon noir de la série Buck Danny. Cet extrait permet de voir une grande case, au centre de la planche, mais on voit aussi, au-dessus, le bas des images du précédent strip, et en dessous, le haut des images du strip suivant. Or, problème : les images du dessous, qui forment donc le 4e strip de la planche 246, ne sont pas celles d'origine. Elles ont été refaites par un obscur tâcheron. Dans Spirou à l'époque (n°646 du 31 août 1950), ce strip est celui d'origine, dessiné par Hubinon. Mais allez savoir pourquoi, le strip a été redessiné. Et manifestement pas par Hubinon. On dirait qu'il a dû y avoir un dommage sur la planche originale, touchant ce strip, et quelqu'un (pas Hubinon, c'est sûr !) a voulu refaire le strip à l'identique, ni vu, ni connu. Mais ce quelqu'un a dû demander au premier venu, parce que c'est décalqué "vite fait sur le gaz". Voici, l'un en dessous de l'autre, le même strip : celui de Spirou dessiné par Hubinon, et celui des albums Dupuis, dessiné par une main anonyme et maladroite :


dragon12.jpg

Les lettrages aussi ont été refaits, mais pas par le meilleur lettreur du monde...

Or, pour ce livre "art-book" en hommage à Hubinon, personne n'a rien vu, personne ne savait rien : on a laissé publier un bout de ces dessins qui ne sont à mon humble avis pas de lui... Pourtant, dans le livre, on voit que le papier du strip refait n'est pas le même que le reste de la planche ; ça saute aux yeux : le papier du strip refait est moins jauni.
D'ailleurs, et plus précisément, dans l'édition originale de l'album et dans les rééditions suivantes, le strip est celui de Hubinon ; la version refaite du strip figure dans les albums ultérieurs (et toujours dans l'intégrale de 2011 où je l'ai scannée) ; mais mon album souple acheté vers 1975 a la nouvelle version refaite ; c'est donc dans l'intervalle, entre le milieu des années 1950 et le début des années 1970, qu'il a dû se passer un "couac" ; il faudrait disposer de toutes les rééditions pour évaluer la fourchette de temps pendant laquelle le strip a connu un curieux avatar...
Comme la planche en l'état est conservée par la famille Hubinon, c'est donc que Victor l'a bien récupérée. J'aurais aimé voir sa tête quand il a constaté qu'on a remplacé ses dessins par ce strip bâclé...
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Tovenaar
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Re: Victor Hubinon : une vie en dessins (monographie)

Message par Tovenaar »

J'ai lu les messages de ce sujet.
Un énorme merci à Jean-Yves B. !

C'est quand même désolant d'observer que de plus en plus de livres comportent tant d'erreurs ! :zidane:
Des informations erronées qui risquent de se retrouver recopiées ailleurs où il sera précisé que la source fiable est le livre Victor Hubinon : une vie en dessins.

Ce sujet étant en mode public, il est donc référencé par les "crawlers" comme Google. C'est une bonne chose.
Raymond a écrit : sam. 15 janv. 2022, 10:32 Il n'y a pas lieu de discréditer ainsi cet art-book ...
Discréditer... c'est négatif, ça met tout le monde de mauvaise humeur ! :ironie:
Raymond a écrit : sam. 15 janv. 2022, 10:32 que je n'ai pas encore lu mais cela ne va certainement pas tarder. :wink:
Discréditer (à raison) un livre qui a été lu, c'est mal, surtout quand c'est un "art-book" (de l'Art avec un grand A) auquel Schuiten (François, évidemment) a participé :ironie:
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Re: Victor Hubinon : une vie en dessins (monographie)

Message par JYB »

Merci Tovenaar.

Dans le livre, une omission (j'en ai déjà un peu parlé) : c'est le rôle, plus important qu'il n'y paraît, des assistants de Victor Hubinon.
Certes, le livre est consacré à Hubinon, donc l'éditeur et les auteurs ont focalisé sur lui. Sauf que parmi les planches montrées, parfois un assistant a participé plus ou moins aux dessins... Et l'éditeur et les auteurs ne le savent sans doute pas... Ou ils le savent mais n'ont pas voulu le dire...?
Certes, Hubinon a dit aussi qu'il n'aimait pas et n'acceptait pas de travailler en collaboration. Non pas par caprice ou mépris ou méchanceté ou parce qu'il voulait "tirer la couverture à lui" ou que sais-je. Simplement par amour du travail bien fait qu'il se sentait capable d'exécuter seul (et qu'il a fait souvent seul).

Mais tout de même, il a tant produit dans sa vie (une vie bien remplie mais relativement courte : il est mort à 54 ans) qu'il a forcément été aidé à certains moments de sa vie. Et donc, par la force des choses, les dessins réalisés en collaboration figurent dans cet ouvrage. Donc, question : fallait-il taire les noms des assistants ? Il aurait fallu les citer sous les planches faites à quatre mains. Encore faut-il savoir quelles planches... En tout cas, on ne le saura pas via ce livre. Pourtant, cela n'aurait retiré aucun mérite à Hubinon. Il n'avait rien à prouver, et tout se faisait sous son contrôle.
Les deux seuls assistants qu'a reconnus Hubinon sont son scénariste Jean-Michel Charlier (qui dessinait les avions, les bateaux et les décors techniques - véhicules, tanks, motos... - dans les premiers épisodes de Buck Danny jusque vers 1950) et Eddy Paape, l'ami et complice, et assistant régulier pendant une petite vingtaine d'années.
Charlier et Paape sont cités dans le livre. Mais je dirais de façon pas assez insistante ni précise (bien sûr, Charlier est cité comme scénariste de Buck Danny, Barbe-Rouge, Tiger Joë, etc.).
J'ai déjà parlé du lettreur de beaucoup de planches de Buck Danny : Adolphe Tacq. J'ai aussi déjà dit qu'on voit son lettrage à de nombreuses reprises dans le livre, mais il n'est jamais cité, et même, François Schuiten vante les mérites du lettrage de Hubinon, en ignorant que ce n'est pas de Hubinon...

Mais voici un autre exemple : page 15 est reproduite un planche de L'agonie du Bismarck (à noter que c'est un scan d'une page publiée dans Spirou ; on voit bien que ce n'est pas un scan d'un original, pour une fois ; les originaux ont disparu de la circulation il y a bien longtemps ; toutes les rééditions de cette histoire qui ont été faites ces 20 dernières années ont utilisé les pages de Spirou). Le scénario est donc de Charlier. Les dessins techniques sont de Charlier, mais aussi d'un auteur jamais cité dans l'oeuvre de Hubinon : André Beckers. Je disais plus haut que des planches de Hubinon ont été faites à quatre mains, mais là, cette planche du Bismarck (toutes les planches du Bismarck) ont été dessinées à six mains, si je peux dire. Hubinon dessinait ce qui n'était pas technique ; Beckers traçait également les lettres dans les bulles (pendant plusieurs mois, Beckers a tracé les lettres du Bismarck, des premières planches de Buck Danny et celles des planches de Rik Junior, la BD humoristique que Hubinon a publiée aussi dans Spirou, en parallèle de Buck Danny) ; Charlier dessinait les avions et bateaux, mais en fait, seulement les crayonnés pour une fois, pour apprendre le métier d'encreur à Beckers, un jeune arrivé dans l'agence World Press (et Beckers m'a raconté que Charlier contrôlait de près et sévèrement le travail de son élève, lequel devait faire des encrages très précis...).

Je pourrais développer le rôle des autres assistants, connus et inconnus, de Hubinon dans son oeuvre. Mais bon... Point trop n'en faut...
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Re: Victor Hubinon : une vie en dessins (monographie)

Message par Tovenaar »

JYB a écrit : lun. 17 janv. 2022, 08:25
... la rubrique aviation sous la forme d'une BD intitulée Le cours du chef pilote existe depuis 1941... Troisfontaines, alias G. Cel, l'a créée en décembre de cette année-là et a fait dessiner cette BD d'abord par un certain Alexis Peclers, alias Pec's, puis par Charlie Delhauteur, un de ses plus fidèles collaborateurs parmi les fidèles. Alors, ce "nouveau projet" en 1944...
Al Peclers est, comme Victor Hubinon, un dessinateur liégeois. Il a été un des principaux dessinateurs belges de l'hebdomadaire Wrill, publié en 1945 par les éditions Gordinne, dans lequel il publia entre autres, Roger la bagarre, Jehan Niguedouille, Texas Jim, Thimothée et Tchantchès (personnage du folklore liégeois).

J'ai beaucoup lu les magazines et albums des éditions Gordinne, il y en avait une caisse pleine dans le grenier de ma grand-mère. Je suis Liégeois :D :wink:

( viewtopic.php?t=19873 )
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Re: Victor Hubinon : une vie en dessins (monographie)

Message par JYB »

Tovenaar a écrit : mar. 18 janv. 2022, 01:09
JYB a écrit : lun. 17 janv. 2022, 08:25
... la rubrique aviation sous la forme d'une BD intitulée Le cours du chef pilote existe depuis 1941... Troisfontaines, alias G. Cel, l'a créée en décembre de cette année-là et a fait dessiner cette BD d'abord par un certain Alexis Peclers, alias Pec's, puis par Charlie Delhauteur, un de ses plus fidèles collaborateurs parmi les fidèles. Alors, ce "nouveau projet" en 1944...
Al Peclers est, comme Victor Hubinon, un dessinateur liégeois. Il a été un des principaux dessinateurs belges de l'hebdomadaire Wrill, publié en 1945 par les éditions Gordinne, dans lequel il publia entre autres, Roger la bagarre, Jehan Niguedouille, Texas Jim, Thimothée et Tchantchès (personnage du folklore liégeois).

J'ai beaucoup lu les magazines et albums des éditions Gordinne, il y en avait une caisse pleine dans le grenier de ma grand-mère. Je suis Liégeois :D :wink:

( viewtopic.php?t=19873 )
Exact, Tovenaar. Mais Peclers n'a pas fait long feu dans la BD. Il ne figure même pas dans le dictionnaire mondial de la BD par Gaumer et Moliterni. Il faut dire qu'il a quitté la Belgique pour le Congo en 1948.
Il est important aussi de préciser que tout ce petit monde (Troisfontaines le patron, Charlier, Hubinon, Peclers, Beckers que j'ai cité un post plus haut, etc.) était originaire de Liège, qui fut le creuset de tout un pan de la BD franco-belge. Et vu l'importance peu reconnue qu'a eue Troisfontaines, surtout après qu'il soit allé s'installer avec ses auteurs à Bruxelles en 1948, le trio Troisfontaines/Charlier/Hubinon a joué le rôle de locomotive (avec en particulier la création de Buck Danny, mais pas que).

Concernant Beckers, il aurait fallu en dire un mot dans le livre sur Hubinon. Comme je le disais, il a réalisé des lettrages dans les BD de Hubinon pendant quelques mois ; ceci ne justifie sans doute pas qu'on fasse un laïus sur lui dans le livre, mais il faut savoir que ces lettrages étaient réalisés à l'aide d'un trace-lettres d'origine américaine, portant la marque Leroy Lettering. Or, c'est en réalité Victor Hubinon qui avait acheté le kit de lettrage à un G.I. américain basé à Liège - nous étions alors au lendemain de la guerre, en 1946 -, mais Hubinon n'arrivait pas à s'en servir et l'a abandonné. Or Georges Troisfontaines, le patron de la World Press, trouvait ça génial et l'a imposé à Beckers.
Il y a eu un changement de police du lettrage, à un moment dans le cours des BD dessinées à l'époque par Hubinon, car la tubulure du réservoir du "stylo" encreur s'est cassée. Beckers dut demander à un bijoutier de la ville de souder à la place un morceau d'aiguille de seringue, mais la pièce soudée n'a pas tenu, et l'appareil devint finalement hors d'usage... Par la suite, Hubinon a récupéré le kit de lettrage. Peut-être que la fille de Hubinon a ça dans ses archives ?

Beckers a aussi posé pour Hubinon, lorsqu'il fallait dessiner un personnage dans telle ou telle attitude. Par exemple, dans la 3e image de la planche 1 des Japs attaquent, on voit une main (de Buck Danny) tenant un chapeau : c'est Beckers qui a posé pour le geste de la main :


japs_p20.jpg
Quant au chapeau, il est réel, c'est celui de Hubinon à l'époque ; dans le livre art-book qui vient de sortir, il y a deux photos de Hubinon avec son chapeau. Pour poser devant Hubinon, Beckers avait donc pris aussi le chapeau de Hubinon. A noter que Hubinon s'est auto-caricaturé avec son chapeau, dans sa BD humoristique Rik Junior (Spirou, au premier semestre 1947).
Ces anecdotes auraient pu être racontées dans le livre...

Beckers a ainsi travaillé pendant environ un an avec Hubinon, dans l'agence de Troisfontaines, au 101 rue Saint-Laurent à Liège, au premier étage d'un immeuble (qui existe toujours). Le bureau unique servait en journée à Hubinon et à Beckers, chacun à une petite table, l'un en face de l'autre ; après, le soir et la nuit, Troisfontaines et son comptable occupaient les lieux pour l'administratif... Hubinon, en semaine, allait dormir chez une tante, pas loin de là.

Je finis par une photo que je trouve chouette (bien que moyenne en qualité) : Hubinon, dans les années 1970, avec l'autre grand maître de la BD belge des temps héroïques, Jijé (les deux auteurs vont d'ailleurs décéder, quatre ans pour l'un, cinq ans pour l'autre, après la prise de cette photo) :

jijzo_10.jpg
JYB
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Re: Victor Hubinon : une vie en dessins (monographie)

Message par JYB »

Quand y'en a plus, y'en a encore (bis). Et une aberration de plus...

Voici la planche originale n°1 de l'histoire de Buck Danny, Le tigre de Malaisie, telle qu'elle figure dans le livre art-book Victor Hubinon, une vie en dessins (j'ai fait ce que j'ai pu pour scanner la page qui est plus grande que la surface de la vitre de mon scanner - donc, je l'ai fait en deux fois puis j'ai recollé les deux morceaux -, et je n'ai pas trop appuyé sur le livre pour ne pas endommager la reliure, d'où les ombres) :

tigre_10.jpg
On voit que la planche occupe une pleine page à droite.
Et maintenant, voici un extrait du commentaire du dessinateur François Schuiten, qui se trouve en vis-à-vis, sur la page de gauche (le texte, de 24 lignes, est court et imprimé avec une grande police, et il y a beaucoup de blanc autour de ce texte ; sur la page de gauche, il n'y a que ce texte, qui est donc mis en valeur ; sur ces 24 lignes, j'en extrais environ la moitié) :
"Cette séquence exemplaire transmet au mieux le climat de la base aérienne, avec les avions prêts à l'envol ou déjà dans les airs, le personnel au sol, etc. C'est une composition très audacieuse car beaucoup de dessinateurs auraient casé des nuages dans le ciel. Lui, rien ! Ce grand vide d'une beauté inouïe est d'autant plus étonnant que le dessinateur a donné beaucoup de détails aux arbres situés au-dessus des avions. Hubinon a tout coincé sur la gauche avec le tracé de la végétation et des Jets qui descend vers le pilote qui court." Etc.

Maintenant, ceux qui ont l'album vont aller constater ce qu'il en est de ce "grand vide d'une beauté inouïe" et de "cette composition très audacieuse" sans nuages....... Vous avez cinq minutes et après, je ramasse les copies.

Par ailleurs, sous le texte de Schuiten, se trouve la légende de la planche en face. Il est écrit : "Buck Danny, tome 18, Le tigre de Malaisie, planche 1. Dupuis 1959". Comme on l'a dit plus haut dans ce topic, ça aurait été préférable de situer mieux dans le temps la réalisation de cette planche originale (comme de toutes les planches originales de l'ouvrage). Une simple recherche aurait permis de voir que cette planche, une fois mise en couleur et complétée, a paru la première fois dans Spirou n°982 du 7 février 1957. C'est-à-dire que, vu les délais de fabrication d'un journal à l'époque, la planche a dû être dessinée fin 1956.
Et puis, la date de l'édition de l'album chez Dupuis, 1959, ce n'est pas faux, mais s'il faut parler d'une édition en album, il y a eu aussi l'édition de Dupuis dans l'intégrale Tout Buck Danny en 1985, l'édition chez Rombaldi en 1988, l'intégrale Buck Danny toujours chez Dupuis dans les années 2010, puis l'édition de l'album unitaire de la Collection Hachette en 2021... J'en oublie peut-être.

C'est relativement important de préciser la date de la réalisation de la planche ci-dessus vers fin 1956, car, en janvier de la même année (1956), Charlier avait plaqué la société World Press de son patron Georges Troisfontaines qui avait lui-même viré René Goscinny, après qu'un certain nombre d'auteurs (et pas des moindres) avait rédigé et signé une charte de protection des dessinateurs et scénaristes de BD. Du coup, le nom de Charlier ne figurait plus dans les pages de Spirou, mais Charlier écrivait toujours en douce les scénarios...
Par ailleurs, pour retomber sur leurs pieds, Charlier et Goscinny (et Albert Uderzo qui a suivi), géraient depuis peu une revue publicitaire du nom de Pistolin, où Hubinon dessinait, dans un style humoristique et sur scénario de Goscinny, les aventures de Pistolin, un tout jeune dompteur dans un cirque. Hubinon dessinera en parallèle Buck Danny et Pistolin pendant environ trois ans - et même pendant quatre ans car, après la fin de Pistolin (le journal), un autre journal, éphémère, prendra la suite pour la publication des aventures du personnage : un petit magazine (petit au moins par le format) titré Top.
Et c'est alors que le journal Pilote pointa son nez, et Hubinon attaquera le dessin de Barbe-Rouge ; et là, ce sera pendant environ dix ans la réalisation de 2 planches de Buck Danny pour Spirou, et de 2 planches de Barbe-Rouge pour Pilote - pas en continu, certes, mais quand même, en moyenne, ça fait 3 planches de deux BD réalistes à sortir chaque semaine, qu'il pleuve ou qu'il vente. Sans compter des travaux ponctuels, en plus de tout ça. D'où, assez régulièrement, la collaboration d'Eddy Paape pour encrer un certain nombre de planches tant de Buck Danny que de Barbe-Rouge pour pouvoir suivre le rythme...
Modifié en dernier par JYB le mer. 19 janv. 2022, 14:46, modifié 1 fois.
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Re: Victor Hubinon : une vie en dessins (monographie)

Message par drou »

Un sujet vraiment intéressant que je suis depuis le début,
merci JYB. :jap:
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