Disparition des PF et développement des albums

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Disparition des PF et développement des albums

Message par Jean-Louis » sam. 05 nov. 2016, 09:41

Suite aux interrogations de Cromosome dans le sujet "Le PF de guerre intéresse-t-il encore quelqu'un ?", j'ouvre ce nouveau sujet.
cromosome a écrit :J'en retiens principalement :
- qu'à l'instar d'un autre forumeur, j'aimerais bien aussi avoir les développements de DLGL sur la disparition de la presse populaire sous l'effet des éditeurs...ça me parait être de la culture générale qui nous intéresse tous. D'autant plus que le forumeur, DLGL, ne recourt pas à des raccourcis faciles mais a la bonne idée de donner des chiffres qui étayent sa démonstration (le prix comparé du Lucky Luke et du PF en 1965) :prie:
Database a écrit :Quelques éléments pour la conversation :
E1 - En 1970, il sortait une petite vingtaine d'albums BDs par mois pour au moins 170 illustrés. ceci en 'variété'. Au niveau nombre d'exemplaires, la majorité écrasante allait aux illustrés. L'album était donc plus un luxe de lecture, un peu comme les Hetzel pour Jules Verne, pas trop 'fréquenté' ...

E2 - En 1964, un Lucky Luke broché se vendait 3F90. A la même époque, la plupart des PFs valaient 0F45. La quantité de lecture BD dans les deux se valait ...

E3 - La Presse a longtemps vécu de toutes les petites mains qui y participaient. Quand tout cela s'est organisé, sous l'égide du syndicat du livre et de la CGT, les coûts ont monté au-delà de la limite acceptable par ses clients. Les quelques éditeurs français qui avaient pris le marché ont mal réagi et ont découragé les derniers lecteurs sans en trouver de nouveaux. Les éditeurs italiens ont été plus intelligents et ont maintenu le fumetti en vie ...
Comme pour la poule et l'œuf, il est difficile de savoir si ce sont les lecteurs qui ont découragé les éditeurs ou l'inverse.

E4 - Les campagnes de désinformation ont joué un rôle certain mais dont l'importance reste à évaluer. Quand certains médias comme Cœurs Vaillants se faisaient tailler des croupières, la technique consistait à recommander aux parents d'interdire à leurs enfants la lecture de PFs dont la plupart étaient autant contrôlés que les Tintin, Spirou et consorts.
On trouve là une bonne prolongation du lobbying de la loi de 49.

E5 - Il est significatif que le début de la chute (rappel : passage de 4000 publications à 1500) de publications BD en Presse ait commencé avant la fin du septennat de Giscard d'Estaing, soit après une période d'inflation à deux chiffres. Qu'on le veuille ou pas, une BD à 10F sera toujours plus chère dans la tête de l'acheteur qu'une BD à 1F, même après une période d'inflation de 1000%.

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Re: Disparition des PF et développement des albums

Message par Jean-Louis » sam. 05 nov. 2016, 11:01

Je résume la chronologie :

Le développement de la BD commence vraiment son essor vers 1935, avec la création de nombreux périodiques de BD (appelés aussi 'illustrés'), avec un coup de booster à partir de 1945 (Spirou, Vaillant, Coeurs Vaillants...etc), où ces publications étaient remplies de séries américaines, ou d'inspiration américaine.

Jusque dans le début des années 70, il y avait très peu d'albums (Tintin, Bécassine, Babar, Mickey,...etc). Les albums étaient chers, et ne s'achetaient que lors d'occasions festives (anniversaires, Noël, étrennes, bonnes notes à l'école...). S'il s'offraient théoriquement à un enfant en particulier, ils se retrouvaient pratiquement souvent mis en commun dans le patrimoine familial.

Mais dès 1930 existaient des BD sous une autre forme : les Récits Complets, petits fascicules à l'italienne qui ont alimenté le besoin de BD de nombreux amateurs, même adultes. C'était la version illustrée des livraisons d'opuscules de feuilletons, foisonnantes à l'époque. Ils disparaîtront au cours des années 50, remplacés par les PF.

Car en 1949, il y eut apparition du premier PF, avec la création de "Caméra" par Vaillant. Il sera suivi de nombreux émules, et on arrivera à une cinquantaine de titres dans les années 60 - 70, avec des tirages très importants (jusqu'à 200 000 exemplaires pour certains).

Pendant ce temps-là, les périodiques, qui avaient continué à se développer, avaient découvert une nouvelle source de revenus : l'album. A ce moment-là (début des années 70), l'album est une consécration pour un auteur ; seuls les plus appréciés du public ont droit à l'album. Côté public, les amateurs apprécient d'avoir des histoires d'un seul tenant (pas à suivre, comme dans les périodiques). Les éditeurs sont ravis : cela donne une seconde vie à des BD déjà amorties par la publication en périodique, donc tiroir-caisse très content ! :faim: . Donc, tous les intervenant en cause sont unanimes pour plébisciter le développement de l'album.

Seulement, progressivement, la clientèle va se dire : pourquoi acheter des périodiques, alors qu'on va pouvoir retrouver la même chose en album ? Et les ventes des périodiques vont chuter, et les faire disparaître les uns après les autres. On peut considérer que milieu des années 70, début des années 80, c'était plié. Seul Spirou a survécu.
Un effet collatéral à la disparition des périodiques fut qu'il n'y a plus eu de support pour que les jeunes auteurs puissent débuter et se roder. Ce qui peut expliquer la précarité professionnelle des jeunes dessinateurs et scénaristes, qui sont actuellement à la totale merci des éditeurs. Peut-être aussi une cause de la baisse de niveau de beaucoup de BD actuelles.

Parallèlement, les PF, après avoir connu une apogée dans les années 60 - 70, se sont de moins en moins vendus.
On peut avancer de multiples causes à ce phénomène : la télévision, les films en cassettes vidéo, les jeux vidéo, les albums BD plus attractifs, les buralistes qui les ont 'escamotés' au profit de publications plus rentables, le mode de distribution qui est 'spécial', la crise... Et nous voici arrivés à présent, où seul survit, dernier PF : Cap'tain Swing.

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Re: Disparition des PF et développement des albums

Message par raminagrobis » sam. 05 nov. 2016, 13:34

Ton analyse est pertinente :wink:

Cependant il y a beaucoup de raisons à la chute du petit format … d'une part c'est le mode de consommation de la BD dans l'absolu …
mais aussi le développement des réseaux de distribution de la presse … ensuite on pourra effectivement ajouter …spectacles et cinéma "à domicile" ( consoles de jeux vidéos films série tv …etc ). Et…. LE MANGA !!!!!!!! :peur:

Puis si on doit revenir sur l'album … Il faudrait reprendre l'historique des grands éditeurs de presse pour la jeunesse sous forme de journaux périodiques et Petits et moyens formats … :arfl: chacun ayant des problèmes spécifiques que ne partagent pas forcément ses concurrents ... :D
Disney assure une partie de son activité en se faisant souvent miroir pour ses parcs d'attractions …la partie production éditoriales est spécifique a chaque pays qui en assure la franchise qui nécessite ( à l'instar du géant de la restauration rapide Mc Donald ) de souscrire sans condition à la charte de fonctionnement propre à l'univers de Disney.

Le" développement" des albums est une nécessitée pour garder un" socle" de production éditoriale pour assurer la pérennité d'un marché commercial sain et viable ... :book1:
Tu pourras observer que Disney a une partie "Albums" entre les mains de Glénat avec la Dynastie des ducks …et aussi tout Don Rosa … et des albums Grand Formats d'histoires sur fond de thématique ...mais Hachette possède le réseau presse avec depuis 1998 les trésors de Picsou magazine et depuis d'autres HS type "Donald" ou "les Rapetous" …
les deux secteurs existent de façon parallèle sans trop se bousculer malgré des "doublons"
au final
Disney a marqué son territoire et imposé de façon commerciale très fine de nouvelles collections d'albums et Petits et moyens format avec de nouveaux partenaires éditeurs …
Mais tout le monde n'a pas eu cette chance … :arfl:

C'est un très vaste sujet ... :paix:

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Préhistoire de la BD

Message par Database » sam. 05 nov. 2016, 17:26

Avant de répondre à ce qui m'a été demandé, un peu de préhistoire pour compléter ce qu'a dit Jean-Louis.

Le point de départ peut être situé à la loi de 1881 qui instaure la liberté de publication. :love1:

Une grosse demande suit qui n'est d'abord freinée que par la capacité des 'rotatives' à produire des publications en quantité suffisante. La technique ira tout de même assez vite et on arrive en fin de siècle à dépasser le million d'exemplaires pour un quotidien (ou un hebdo ... à qualifier). :o
Assez vite également, le texte est enrichi par l'image. Un grand nombre de publications présentent alors de la BD dite cinématique, soit avec texte sous image. On peut discuter à l'infini pour savoir si c'est ou pas de la BD, mais le rôle de l'image y est souvent déterminant, donc ... :fonsde:
Le traitement de l'image, à l'époque, est lourd, comme la gravure sur pierre (aie). Mais dès 1904, entre autres, Fayard lance Les Belles Images, journal grand format (275x290) avec 8 pleines pages de BD cinématique. :beer:
La première BD à bulle connue dans une publication française précède un peu Saint-Ogan. On la trouve en 1907 dans le journal Saint-Nicolas, accessible sous Gallica -avec des manques énormes. Je n'ai pas les détails sous la main, mais il y a eu des études initialement erronées sur l'auteur et finalement, cela a été crédité à un peintre de Montmartre du nom d'Emile Tap. Il y aurait sans doute encore un peu de travail à faire autour de tout ça, et j'en parle ici de mémoire.

Seulement voilà, comme nous l'ont montré les intéressantes conversation de Töpffer avec son éditeur, la technologie n'était pas au rendez-vous, et ce pauvre Gutenberg a un peu contraint les éditeurs/imprimeurs français à revenir au système du texte sous image jusqu'à un peu après 1920 - et j'y rejoins Jean-Louis (à peu près).
Les premiers récits complets doivent être crédités à la SPE avec les histoires en images (1921) et aux Histoires amusantes des Editions Modernes (indéterminé vers 1925). J'entend par Récit Complet une publication indépendante ne contenant qu'une seule histoire (...).

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Comprendre l'arrêt des PFs

Message par Database » sam. 05 nov. 2016, 18:12

Donc ici, reprise du sujet 'E3'.

D'abord, installons-nous dans le confort technologique des éditeurs d'illustrés.
Le démarrage est d'abord timide. Trouver des textes, trouver des auteurs (texte et dessin) n'est pas très facile dans l'immédiat d'après-guerre. Organiser ses 'éditions', trouver de bons gestionnaires, équilibrer la balance entre les salariés et les prestataires sans histoire préalable prend quelques années.
Globalement, 20 PFs ont été publiés en 1949, 200 en 1955 et 1000 en 1959 (total des numéros). C'est donc une explosion.
Des freins divers apparaîtront au fil des années, censure plus ou moins grande, perte d'acteurs importants, grèves dans l'imprimerie, difficultés avec les sociétés de distribution, et j'en oublie.
Mais globalement, à partir de 1960, on savait comment faire. Et cela a duré jusqu'en 1975 avec une petite résurgence jusqu'en 1980. Un confort et des habitudes s'installent donc.
Tout cela n'empêche pas la Société d'évoluer. Les autres médias se développent, la couleur se généralise.
Et puis, à ne pas oublier, les acteurs principaux de ce marché, pour la plupart issus de la guerre, vieillissent.
Ratier, Navarro, Bagarre, Keirsbilk, Vistel et Chapelle approchent ou dépassent l'âge de la retraite. Peut-être l'adaptation aux temps de Dylan devient insuffisante. Artima-Arédit subit les attaques de la commission de censure vers la fin des années 70. Les commissions des sociétés de distribution augmentent, il y a des bagarres (cf les 'fin des abonnements').
Le nombre de ventes n'augmente plus et il faut faire des économies ...

Alors, on reste sur ses vieilles séries en principe bien implantées, on essaye maladroitement quelques nouveautés, et on publie des rééditions. Avec cette technique, le vieux lecteur abandonne ses revues et qui va commencer une série découverte chez son marchand de journaux au numéro 352 ? Pas de nouveau lecteur, abandon des anciens. La chute a commencé.
Or, il faut suivre le mécanisme de la presse : un clou chasse l'autre. Tout nouveau n° remplace le précédent. Les invendus sont regroupés et comptés puis rendus à l'éditeur. Du comptage, on déduit la parution du prochain numéro.
Plus ou moins d'exemplaires. Ici, on baisse. Par exemple, les derniers numéros d'Impéria indiquaient leur tirage en dernière page. 30.000 était à peu près le plancher. En dessous, arrêt de la série.
En 1975, il y avait 47.500 marchands de journaux en France. Quels tirages fallait-il pour avoir au moins 3 ou 4 exemplaires partout ?
A force d'arrêter leur séries, les éditeurs historiques sont arrivés à 0 et ont mis la clé sous la porte.

En Italie, les éditeurs ont eu la double idée suivante :
- les vieux lecteurs doivent être conservés, donc on continue à publier du nouveau, moins souvent puisque les ventes baissent
- il faut trouver de nouveaux lecteurs. Donc on relancent les 'bases' au numéro 1 avec un petit plus. L'attraction d'un n° 1 en presse est forte, on le sait aussi en France mais ... Si l'on prend les TEX italiens dont on parle souvent sur ce forum.
première publication en strisce, puis Gigante (2e), puis tre stelle, puis Tutto Tex puis nueva ristampa. Aujourd'hui (ou hier) encore 4 éditions parallèles pur viser différentes classes d'âge de lecteurs ...

Pour citer mon graphique, j'insisterai sur deux points :
- Entre 1949 et 1962, on VOIT que les Récits Complets ont été remplacés par les PFs (réduction du orange compensé par l'augmentation du violet).
- Entre 1980 et 1994, on VOIT que les PFS n'ont été remplacés par RIEN.

à vous !
:wink:

Nutello
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Re: Disparition des PF et développement des albums

Message par Nutello » dim. 06 nov. 2016, 09:37

Bonjour,

J'évoquerais rapidement un aspect qui, me semble-t-il, n'a pas été abordé ni dans ce fil, ni dans celui à l'origine de celui-ci
viewtopic.php?f=1&t=34476&start=60

Il s'agit de la disponibilité respective des albums et des PF.

L'album, produit coûteux, est vendu en librairie, par excellence un lieu de culture, relevant de ce qui est durable, appartenant au monde "adulte".
L'album a pour vocation d'être conservé dans le "patrimoine familial" comme a écrit Jean-Louis. C'est un objet durable comme le livre ou le disque 33t ou CD, avec des auteurs connus tout comme on connaît les écrivains et les musiciens. L'album passe du rayonnage de librairie au rayonnage de bibliothèque personnelle.
Et il est en théorie possible d'aller chez un libraire acheter un album publié des mois ou des années plus tôt.

A l'opposé, le PF est un objet éphémère. Il est vendu en kiosque, domaine de ce qui est plus populaire que le livre de librairie, domaine de ce qui est périodique, vite acheté, vite lu, vite jeté. Un quotidien, un hebdomadaire, et même un mensuel, n'a pas vocation d'être conservé (sauf collectionneurs et/ou maniaques).
Le PF relèverait donc plutôt du monde du provisoire.
Et si l'on rate un numéro, il devient compliqué de se le procurer. Le PF n'est pas disponible à demeure sur son présentoir comme l'album sur son rayonnage de librairie.

Même avec les changements de modes de consommation, un album demeure un bien culturel de référence comme un disque ou un livre d'auteur.
Le PF, lui, est davantage soumis aux changements de société. L'arrivée de la VHS, du câble, peut malmener son existence. Il doit s'adapter, se transformer, devenir manga, comme l'a remarqué Cromosome :
Le petit format a vécu, c'est certain...mais la littérature populaire "de gare et de bambinos" se porte toujours bien : le manga (petits formats, moins chers qu'une bd classique franco belge, des rayons entiers de bds à la place des kiosques à journaux, des milliers de pages produites à l'étranger, des chefs d'œuvre et beaucoup de "pas terribles"...) me semble présenter quelques analogies avec les PF d'autrefois. Au lieu des aventures de Big Bull produites par des espagnols (1950'), on a celle de Takashi Boy produites au Japon (2000') : comme pour tout autre média de divertissement, si la forme a évolué (le western/le film de guerre a quasi disparu au cinéma, ou se veut "grim and gritty"), le support de distraction reste présent.
viewtopic.php?f=1&t=34476&p=908973#p908973
Je me pose une question. Parmi les PF en vente, combien étaient achetés et combien chipés par des chenapans profitant de ce que le kiosquier était occupé par une vieille dame achetant Femme d'aujourd'hui, pour glisser Kalar et Météor dans leurs cartables ?
Difficile de faire de même avec un album dans une librairie...

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Re: Disparition des PF et développement des albums

Message par cromosome » dim. 06 nov. 2016, 11:21

Merci pour vos développements passionnants (l'aspect technique du PF...).
Deux autres remarques en vous lisant :
- j'avais toujours trouvé que les "relaunch" successifs au n°1 par Marvel étaient insupportables pour le vieux lecteur et la continuité; et que l'éditeur se tirait une balle dans le pied. Je m'aperçois aujourd'hui que j'avais tout faux et que c'est au contraire très habile de repartir au N°1 pour attraper dans ses filets une nouvelle génération de lecteurs. L'argument est de bon sens et, à ma grande honte, je n'y avais jamais pensé ce qui prouve que notre raisonnement est parfois biaisé par le fait que nous sommes des passionnés.
- la facilité du chapardage est également une analogie de plus entre le P.F et le manga.

Il ne me viendrait jamais à l'idée de jeter une bd, PF ou hebdomadaire style Pif ou Mickey Magazine mais, effectivement, cette "sacralisation" de la BD n'est pas partagée par tous...et beaucoup finissent jetées. Je ne sais pas si la bd numérique se développera (amour des lecteurs pour le papier, on nous l'annonce depuis longtemps et cela ne semble pas trop prendre mais je n'ai aucun chiffre pour appuyer mes "impressions") mais elle présente un avantage indéniable dans la société de consommation d'aujourd'hui : on n'a pas besoin de place pour la stocker !!! Or, comme nos foyers sont déjà surpeuplés de biens de consommation (ceux qui ont des enfants, et donc des jouets, savent de quoi je parle) le numérique est une alternative au manque de place (et au fait de jeter ensuite). C'est pourquoi je pense (même si je ne le souhaite pas et, en tant que "vieux" reste viscéralement attaché au papier) que le numérique explosera un jour ou l'autre (à l'arrivée des enfants élevés aux écrans au stade de consommateurs avec leur première paye)
Vous ne trouverez pas facilement un autre homme comme moi, un homme somme toute - et je le dis au risque de paraître ridicule - attaché à la cité par le dieu, comme le serait un taon au flanc d'un cheval de grande taille et de bonne race, mais qui se montrerait un peu mou en raison même de sa taille et qui aurait besoin d'être réveillé par l'insecte.

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Re: Disparition des PF et développement des albums

Message par Jean-Louis » dim. 06 nov. 2016, 12:40

Nutello a écrit : Je me pose une question. Parmi les PF en vente, combien étaient achetés et combien chipés par des chenapans profitant de ce que le kiosquier était occupé par une vieille dame achetant Femme d'aujourd'hui, pour glisser Kalar et Météor dans leurs cartables ?
Pas tellement. Le buraliste ou le kiosquier avait l’œil, et surveillait de près ses rayons... :gourdin:

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Re: Disparition des PF et développement des albums

Message par raminagrobis » dim. 06 nov. 2016, 13:01

Jean-Louis a écrit :
Nutello a écrit : Je me pose une question. Parmi les PF en vente, combien étaient achetés et combien chipés par des chenapans profitant de ce que le kiosquier était occupé par une vieille dame achetant Femme d'aujourd'hui, pour glisser Kalar et Météor dans leurs cartables ?
Pas tellement. Le buraliste ou le kiosquier avait l’œil, et surveillait de près ses rayons... :gourdin:

les chenapans qui abîment dégradent ou dérobent les PF ( Jadis :D ) étaient un "coût" pour le marchand qui intégre ce phénomène dans "la démarque inconnue"
c'est le terme que l'on utilise en comptabilité pour inventaire … les vigiles à la FNAC ( par exemple ) sont payés pour essayer de ramener ce "facteur" dans des proportions acceptables… :cheveux:
En effet,
le fisc estime que lorsque le pourcentage de la démarque inconnue est trop important ; le problème ne vient pas des chenapans mais des moyens mis en oeuvre pour exercer l'activité commerciale…. :zidane:
et le fisc vous colle une amende parce que ou bien vous êtes incapable d'exercer votre activité raisonnablement ou bien vous êtes complice de ces chenapans que vous n'avez mystérieusement jamais réussi a identifier malgré la somme totale des larçins ... :arfl:
au revoir messieurs n'oublier pas de payer l'intégralité de la note :chapeau:
sinon ça va faire mal ... :gun2:

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Re: Disparition des PF et développement des albums

Message par Jean-Louis » dim. 06 nov. 2016, 13:55

Oui, et aussi le fisc est vigilant, car la démarque peut être un moyen de frauder fiscalement, en prétendant que des marchandises ont été volées, alors qu'elles ont été revendues en douce... Il y a aussi des commerçants magouilleurs... :wink:

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Re: Disparition des PF et développement des albums

Message par mario » dim. 06 nov. 2016, 16:04

Dans le temps, ce n'est pas tant en kiosque qu'on se fournissait en PF mais chez les bouquinistes alors très nombreux.

Le marché de l'occasion était florissant.

Et là, on chapardait sans vergogne!

Quand on ne se faisait pas gauler!

Le bouquiniste nous passait un savon mais sans appeler les flics.

Ah! Heureux temps!

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Re: Disparition des PF et développement des albums

Message par Lord Foxhole » dim. 06 nov. 2016, 16:16

raminagrobis a écrit : Cependant il y a beaucoup de raisons à la chute du petit format … d'une part c'est le mode de consommation de la BD dans l'absolu …
mais aussi le développement des réseaux de distribution de la presse … ensuite on pourra effectivement ajouter …spectacles et cinéma "à domicile" ( consoles de jeux vidéos films série tv …etc ). Et…. LE MANGA !!!!!!!! :peur:
Petit rappel : le manga est aussi de la bande dessinée ! :D

Certains me diront qu'il s'agit de matériel étranger...
Et alors !? Dans les PF, la majorité du matériel ne venait pas de France ni même de Belgique, mais des États-Unis, d'Espagne et d'Italie.
La plupart des PF ont disparu au cours des années 1980... Soit environs une dizaine d'années avant que les mangas ne fassent une irruption massive sur le marché franco-belge.
Ce ne sont pas les mangas qui ont tué les PF " traditionnels " ; les mangas ont simplement occupé une niche qui avait été vidée...
Corrigez-moi si je me trompe sur ce point.

Pour le reste, il faut bien avouer que sont les développements de l'électronique et de l'information qui ont étouffé d'autres types de divertissements. Cela a commencé avec les jeux vidéo et les magnétoscopes au cours des années 1980. Le clou a été définitivement enfoncé au cours des années 1990 avec les ordinateurs à domicile et l'arrivée d'Internet.
Bref, le temps que les jeunes consacraient à ces nouveaux types de divertissement, c'était du temps en moins pour d'autres (et, dans le cas qui nous occupe la lecture de bandes dessinées).
“La barbarie est l'état naturel de l'humanité, [...]. La civilisation n'est pas naturelle. Elle résulte simplement d'un concours de circonstances. Et la barbarie finira toujours par triompher.” ― Robert E. Howard.

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Re: Disparition des PF et développement des albums

Message par nano » dim. 06 nov. 2016, 18:09

Lord Foxhole a écrit : Pour le reste, il faut bien avouer que sont les développements de l'électronique et de l'information qui ont étouffé d'autres types de divertissements. Cela a commencé avec les jeux vidéo et les magnétoscopes au cours des années 1980. Le clou a été définitivement enfoncé au cours des années 1990 avec les ordinateurs à domicile et l'arrivée d'Internet.
Bref, le temps que les jeunes consacraient à ces nouveaux types de divertissement, c'était du temps en moins pour d'autres (et, dans le cas qui nous occupe la lecture de bandes dessinées).
Certes, alors comment expliquer que, dans le foisonnement des loisirs, le comics, le Franco-belge aient résisté voire que la manga éclose.
Qu'est ce qui fait que le PF sombre?
Sa qualité, tout simplement. Beaucoup de déchets sur des ressorts dépassés: Western, science-fiction, guerre...
Le support, les modes de distribution n'ont fait que précipiter le phénomène.
La petite fiente universelle!!!!!!!!!!

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Re: Disparition des PF et développement des albums

Message par Lord Foxhole » dim. 06 nov. 2016, 18:21

nano a écrit : Certes, alors comment expliquer que, dans le foisonnement des loisirs, le comics, le Franco-belge aient résisté voire que la manga éclose.
Qu'est ce qui fait que le PF sombre?
Sa qualité, tout simplement. Beaucoup de déchets sur des ressorts dépassés: Western, science-fiction, guerre...
Le support, les modes de distribution n'ont fait que précipiter le phénomène.
Une partie du problème réside sûrement dans les goûts du public devenu plus exigeant...
Le PF, c'est d'abord des publications bon marché, en noir et blanc, imprimées sur du papier pas terrible.
Il est souvent dommage que, du noir et blanc, on ait voulu se tourner vers le " tout en couleurs " à tous prix... Alors même que certaines séries n'étaient pas du tout conçues pour ça !
On se souviendra que Pif Gadget n'ait pas échappé à cette erreur, en coloriant des séries de style réaliste, débouchant malheureusement sur des désastres esthétiques...
Arédit commit également la même erreur, avec des publications proposant des BD coloriées de manière repoussante !
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Re: Disparition des PF et développement des albums

Message par baron.zemo » dim. 06 nov. 2016, 18:34

nano a écrit :
Lord Foxhole a écrit : Pour le reste, il faut bien avouer que sont les développements de l'électronique et de l'information qui ont étouffé d'autres types de divertissements. Cela a commencé avec les jeux vidéo et les magnétoscopes au cours des années 1980. Le clou a été définitivement enfoncé au cours des années 1990 avec les ordinateurs à domicile et l'arrivée d'Internet.
Bref, le temps que les jeunes consacraient à ces nouveaux types de divertissement, c'était du temps en moins pour d'autres (et, dans le cas qui nous occupe la lecture de bandes dessinées).
Certes, alors comment expliquer que, dans le foisonnement des loisirs, le comics, le Franco-belge aient résisté voire que la manga éclose.
Qu'est ce qui fait que le PF sombre?
Sa qualité, tout simplement. Beaucoup de déchets sur des ressorts dépassés: Western, science-fiction, guerre...
Le support, les modes de distribution n'ont fait que précipiter le phénomène.
Au-delàs des divers facteurs cites dans les divers postes, il faut surtout pas oublier la très fort hausse du pris du papier au tout début des années 80.Le principe même du succès du PF repose sur leur prix bon marché cette hausse brutale a précipité leurs fin.

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Re: Disparition des PF et développement des albums

Message par Blasond'argent » dim. 06 nov. 2016, 18:40

baron.zemo a écrit :
nano a écrit :
Lord Foxhole a écrit : Pour le reste, il faut bien avouer que sont les développements de l'électronique et de l'information qui ont étouffé d'autres types de divertissements. Cela a commencé avec les jeux vidéo et les magnétoscopes au cours des années 1980. Le clou a été définitivement enfoncé au cours des années 1990 avec les ordinateurs à domicile et l'arrivée d'Internet.
Bref, le temps que les jeunes consacraient à ces nouveaux types de divertissement, c'était du temps en moins pour d'autres (et, dans le cas qui nous occupe la lecture de bandes dessinées).
Certes, alors comment expliquer que, dans le foisonnement des loisirs, le comics, le Franco-belge aient résisté voire que la manga éclose.
Qu'est ce qui fait que le PF sombre?
Sa qualité, tout simplement. Beaucoup de déchets sur des ressorts dépassés: Western, science-fiction, guerre...
Le support, les modes de distribution n'ont fait que précipiter le phénomène.
Au-delàs des divers facteurs cites dans les divers postes, il faut surtout pas oublier la très fort hausse du pris du papier au tout début des années 80.Le principe même du succès du PF repose sur leur prix bon marché cette hausse brutale a précipité leurs fin.
A cela ajoutons le prix exhorbitant demandé par les NMPP : 50 % environ du prix !
Si on peut aider les autres, on y va ! Tel Blason d'argent !

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Re: Disparition des PF et développement des albums

Message par cromosome » dim. 06 nov. 2016, 18:54

Certes, alors comment expliquer que, dans le foisonnement des loisirs, le comics, le Franco-belge aient résisté voire que la manga éclose.
Qu'est ce qui fait que le PF sombre?
Sa qualité, tout simplement. Beaucoup de déchets sur des ressorts dépassés: Western, science-fiction, guerre...
Le support, les modes de distribution n'ont fait que précipiter le phénomène.[/quote]

Eh oui, je n'osais l'avouer en lançant ce sujet mais je souscris à l'avis de Nano : le PF a disparu car beaucoup étaient de piètre qualité... D'ailleurs, je suis quand même très surpris que sur un forum consacré aux P.F, il n'y ai eu personne pour défendre Zembla (je pensais que j'allais me faire démonter et qu'on allait m'expliquer que ces aventures étaient bourrées d'humour, rafraichissantes par rapport à des personnages qui se prennent au sérieux) ou pour me donner une liste de PF de bonne qualité à lire ! A part, la suggestion de trouver les Zembla avec du Gun Gallon, pas un forumeur pour me dire, par exemple, dans Battler Britton, les n° XXX et XXX présentent une histoire classique mais rondement menées, le XXX présente une histoire originale et touchante, le XXX est bien dessiné... C'est malheureux mais je trouve que ça en dit quand même long sur la qualité des P.F et, pour reboucler sur ma remarque à l'origine de ce post, donnent (malheureusement) raison à ceux qui ne jurent que par le franco-belge cartonné et daubent sur les P.F :deso:

Et pourtant, j'aimerais tant, comme beaucoup d'entre vous la défendre cette B.D de P.F ! Allez, je m'y essaye : parmi la noria de P.F , on en trouve de très bien dessinés (et qui pourraient donner des leçons à de nombreux auteurs contemporains, y compris des réalistes). D'une part, le petit format ne rend parfois pas justice à certains dessinateurs, dont les planches originales sont très correctes mais, une fois réduites pour être imprimées, passent mal car la finesse des traits est totalement écrasé. D'autre part, certians dessinateurs, même dans ce format contraint, sont très bons et ont une maitrise du noir et blanc que je trouve excellentes !

Allez, je me tente à donner un exemple (le biais méthodologique est que n'ayant pas lu l'intégralité de la série, je ne suis pas en mesure de faire ressortir les "meilleurs épisodes") : Battler Britton n°450, histoire "passage périlleux" p1 à 55 : l'histoire est certes ULTRA classique mais se laisse lire sans déplaisir car elle progresse de manière intelligible (ce qui n'est pas toujours, plus souvent qu'on ne le croit, le cas dans certaines BDs). Le dessin est bon : visages bien réussis et identifiables (p11), positions dynamiques (p9 & 10), et belle maitrise du noir et blanc (p.1) pour dessiner les avions (que je préfère à beaucoup de bds actuelles : c'est du dessin, pas de la copie de photos au boulon près...un peu comme les super héros, ou je préfère encore un Captain America de Sal Buscema aux horreurs photos réalistes actuelles). Bref, une histoire d'une bonne qualité, supérieure aux deux autres histoires figurant dans le même P.F. De plus j'ajouterai que ce n°450 est "collector" dès lors que, d'une part, cela me semble être une histoire de Paddy Padington qu'on a rebaptisé en Battler Britton :peur: et, d'autre part, que la couverture de Rino Ferrari change vraiment des autres (le visage de Battler Britton n'a rien à voir avec le visage classique "à la Rino Ferrari" qu'il emploie pour toutes les autres couvertures). :clap: Enjoy !

P.S : j'ai lu dans un magazine informatique qu'il y avait un site où l'on pouvait télécharger gratuitement des milliers de PF oubliés : quelqu'un peut il m'indiquer le lien car j'ai égaré les notes que j'avais prises. Merci.
Vous ne trouverez pas facilement un autre homme comme moi, un homme somme toute - et je le dis au risque de paraître ridicule - attaché à la cité par le dieu, comme le serait un taon au flanc d'un cheval de grande taille et de bonne race, mais qui se montrerait un peu mou en raison même de sa taille et qui aurait besoin d'être réveillé par l'insecte.

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Re: Disparition des PF et développement des albums

Message par raminagrobis » dim. 06 nov. 2016, 19:06

Lord Foxhole a écrit :
raminagrobis a écrit : Cependant il y a beaucoup de raisons à la chute du petit format … d'une part c'est le mode de consommation de la BD dans l'absolu …
mais aussi le développement des réseaux de distribution de la presse … ensuite on pourra effectivement ajouter …spectacles et cinéma "à domicile" ( consoles de jeux vidéos films série tv …etc ). Et…. LE MANGA !!!!!!!! :peur:
"Petit rappel : le manga est aussi de la bande dessinée ! :D

Certains me diront qu'il s'agit de matériel étranger...
Et alors !? Dans les PF, la majorité du matériel ne venait pas de France ni même de Belgique, mais des États-Unis, d'Espagne et d'Italie.
La plupart des PF ont disparu au cours des années 1980... Soit environs une dizaine d'années avant que les mangas ne fassent une irruption massive sur le marché franco-belge.
Ce ne sont pas les mangas qui ont tué les PF " traditionnels " ; les mangas ont simplement occupé une niche qui avait été vidée...
Corrigez-moi si je me trompe sur ce point."



Les Mangas ont été proposé dans le commerce sous forme de "Pocket" book … de petits livres !
avec des personnages popularisé depuis la seconde partie des années 70 sous forme essentiellement de dessins animés pour la TV
c'est une autre forme de bande dessinée très différente de ce qu'on connaissait jusque là …
Une nouvelle génération férue de fantastique et de science -fiction a tout de suite adhéré …et n'a pas continuié a acheter des PF traditionnels
mais du "Manga" … cela a été d'ailleurs une véritable "révolution picturale"
Les "Mangas " n'ont pas occupé une "niche vide" …ils ont tout simplement tout "enfoncé" sur leur passage … en particulier les" PF" :peur2:
la dernière convention de BD comics Mangas qui s'est tenue à Paris en est bien la démonstration... :wink:

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Re: Disparition des PF et développement des albums

Message par mario » dim. 06 nov. 2016, 19:16

Il y a plein de BD de qualité dans les PF.

Toute la production d'Essegesse par exemple (Blek, Miki, Cap'tain Swing, etc), Tex (tout ce qu'a produit Bonelli en général), la production anglaise, etc.

Le forum est rempli de discussions à leur sujet.

Dire que les PF étaient de la merde c'est archi-faux. C'est un préjugé tenace, hérité du mépris de classe dont je parlais antérieurement. Dissimulant en fait un protectionnisme à la fois national et social.

Un des grands mérites, par exemple, des PF, c'est qu'ils stimulaient le goût de la lecture chez les enfants déshérités, chez les enfants d'immigrés entre autres.

Leur disparition correspond au passage de notre société aux années fric, aux années 80, à l'effondrement de la gauche (paradoxalement au pouvoir), à l'avènement du libéralisme, entraînant la chute et la disparition des cultures populaires.

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Re: Disparition des PF et développement des albums

Message par mario » dim. 06 nov. 2016, 19:27

Les jeux vidéo, les mangas, etc, tout ce qui a remplacé les PF, ne sont pas à proprement parler de la culture populaire.

Les jeux vidéo sont un développement de l'industrie électronique.

Les mangas sont issus de la culture télé, venus de l'industrie du divertissement.

Les PF étaient les produits d'un artisanat, issus d'une culture enracinée, pré-télévision, pré-industrielle, pré-mondialiste.
Ils sont les héritiers de la chanson de geste, des feuilletons du XIXe.

En fait, ils ont disparu parce que la société est entrée dans une phase nouvelle, tournant définitivement le dos à son passé.

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