Ouvrages sur le cinéma et les séries

Pour les passionnés du petit écran et du 7e art.
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Re: Ouvrages sur le cinéma et les séries

Messagepar sill valt » Jeu 14 Déc 2017, 01:28

Publié il y a déjà trois ans, mais n'ayant pas eu le temps de lire l'ouvrage plus tôt, je viens ce soir de terminer la lecture des mémoires de Dino Risi. Je rajoute ce livre à ce topic en vous livrant mes impressions dans les lignes suivantes.

« Mes monstres » aux éditions de Fallois

Quand l’auteur du fanfaron (1962) de parfum de femmes (1975) et des monstres (1963) nous livre ses confessions autobiographiques il faut s’attendre à y retrouver la drôlerie, la bêtise et la cruauté qui caractérisent son œuvre au cinéma. Effectivement le lecteur ne sera pas déçu puisque Risi apparaît dans ce livre au sommet de son art. Il vous fera rire aux éclats, n’épargnera personne ni ses ennemis, ni ses amis, ni lui-même…

Cependant, au moment de la lecture viendra un moment, où j’en suis certain, vous poserez ce livre en vous disant que Dino Risi avait le double talent d’être à la fois un conteur à l’image comme à l’écrit. Voici donc un infime aperçu de sa galerie de monstres.

-Les producteurs :

Je dis à Carlo Ponti : « le protagoniste se réveille et il écoute siffler les trains qui sillonnent la nuit… ». Je compris à la façon dont il me regardait que c’était un film que je ne ferai jamais.

-Les actrices :

Un jour Sylvia Koscina m’éteignit sa cigarette sur la main. « C’est mon côté Slave » me dit-elle.

-Les acteurs :

Le dernier film que j’ai tourné avec Gassman était un spot publicitaire de trente secondes. A la fin, Vittorio s’est approché de moi et m’a dit, tout bas : « j’étais comment ? »

-La vie de famille :

« Un soir, au restaurant La Celestina, je vis apparaître Steno, le grand cinéaste. Je lui dis : « mais qu’est-ce que tu fais-là ? » il me répondit : « mon fils Enrico est tombé amoureux d’une fille de couleur. Ce matin, il m’a dit : « Papa, devine qui vient dîner ? » et moi j’ai répondu : « devine qui va au restaurant ? »

Et pour finir, outre le récit de ses souvenirs, Dino Risi parsème aussi son livre de courtes sentences dans lesquelles il démontre aussi sa grande maîtrise dans l’art de l’aphorisme. On ne peut que remercier Dino Risi pour la qualité de sa plume et la gamme de sentiments, bons ou mauvais, qu'il dévoile dans l'âme humaine. Ciao Maestro ! :chapeau:

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Re: Ouvrages sur le cinéma et les séries

Messagepar sill valt » Mer 27 Déc 2017, 00:47

Un fan de Fuller, c’est d’abord un dingue de cinéma, c’est quelqu’un qui est capable de vous citer les films des autres réalisateurs puis de vous déclarer son amour pour le cinéma de Fuller. Frank Laffont dans un sous titre éminemment Fullérien, va donc nous parler de Fuller « jusqu’à l’épuisement ». C’est qu’en effet Fuller semble avoir eu envie de tout dire, de tout montrer et il l’a d’ailleurs fait parfois avant les autres, au point qu’il reste assez inclassable comme réalisateur. Véritable touche à tout (le dessin y compris) Fuller n’avait pas son pareil pour administrer au spectateur une véritable claque visuelle. Parmi les trois ouvrages qui viennent de sortir sur Fuller, le beau travail de Frank Laffont nous permet aussi de saluer l’éditeur Rouge Profond qui continue de nous enchanter avec de très bons livres à la fois suffisamment documentés, agréable à lire et magnifiquement illustrés.

A l’occasion de l’hommage rendu cette année à Jean-Pierre Melville, Antoine de Baecque aux éditions Seuil, se penche sur la vie singulière de cet homme si étrange qu’était Melville. A relire cette dernière phrase j’ai presque l’impression d’entendre la propre voix du réalisateur au tout début de Bob le flambeur…. car indéniablement il y a dans son œuvre quelque chose d’étrange, de singulier, de fataliste aussi ! Quelque chose qui continue de survivre dans notre esprit, longtemps après la fin du film. Dans ce livre pourtant lu il y a déjà quelques semaines, je n’arrive pas à me détacher de l’image de Melville marchant au milieu des ruines de son studio emporté par un terrible incendie, je repense aussi aux différents tournages, tous marqués autant par la passion que par une sorte de rencontre avec le destin. L’ouvrage d’Antoine de Baecque rend ici un bel hommage à cette vie si singulière qui fût la vie de Jean-Pierre Melville.

Enfin passons au dernier des trois livres présentés, qui nous rappelle qu'il fût une époque pas si lointaine… où les fans avaient pour habitude de partager les maigres informations qui existaient alors sur les films. Alain Schlokoff ouvrait toute grande les portes du rêve avec une splendide programmation au festival international du film fantastique et de science-fiction de Paris, le bouquin de Jean-Marie Sabatier tombait en morceau à force de le lire et de le relire et nombreux fans se lançaient à leur tour dans l’expérience du fanzine. Eric Escofier est un témoin de cette époque et son livre Horror monsters cult possède le parfum de ce temps-là. On y côtoie donc les bons, les moins bons et les très mauvais films d’alors, mais qui avaient tous cette envie de vendre du rêve. En ardent défenseur d’un cinéma populaire, l'on retrouve donc dans les 400 pages de ce premier volume toute la saveur de ces vieux fanzines imprimés entièrement en noir et blanc et dans lesquels on trouvait des coupures de presse, des photos d’exploitation et autres informations biographiques sur les vedettes de l’époque. J'ai trouvé la démarche sympathique alors je rajoute cet ouvrage à ma modeste liste (forcément incomplète) de livres de cette fin d'année.

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