Quelques récits gothiques dans Spectral

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Quelques récits gothiques dans Spectral

Messagepar Nutello » Jeu 21 Juin 2018, 13:27

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Bonjour,

Dans le n° 1 de la revue Phylactère (Toulon, 1999), Stéphane Ens aborde le thème de la gothic romance à travers une approche d’une série de D.C. Comics The dark mansion of forbidden love dont, à partir du n° 5, le titre change en Forbidden tales of dark mansion.
Forbidden tales of dark mansion se prolonge jusqu’au n° 15 de février 1974.

(Petite note pour les anglophones imparfaits : « mansion » signifie « manoir ».)

https://thecomicshq.com/dc/dark-mansion ... love-1971/
https://en.wikipedia.org/wiki/Forbidden ... rk_Mansion
https://www.comics.org/series/1975/
https://www.comics.org/series/2026/
http://dc.wikia.com/wiki/Dark_Mansion_o ... Love_Vol_1
http://dc.wikia.com/wiki/Forbidden_Tale ... sion_Vol_1
https://www.comics.org/series/1975/covers/
https://www.comics.org/series/2026/covers/

Cette série relève ouvertement du genre « gothique » : châteaux sombres, apparitions spectrales et jeunes femmes romanesques.

Dans le grand ouvrage de référence Le roman gothique anglais 1764-1824 (Albin Michel, 1995), Maurice Lévy écrit :
« Ce qui frappe, au premier abord, quand on se tourne vers la cohorte innombrable de ces anonymes créateurs, c’est l’importance remarquable de la représentation féminine dans leurs rangs. (…) 170 récits d’horreurs – sur les 290 pour lesquels on a pu déterminer le sexe de l’auteur – ont été imaginés par des femmes. » (p. 443)
« Il n’y a de vrai gothique qu’écrit par des femmes, à propos de femmes, pour les femmes. (…)
Le gothique, c’est, par essence, ce qui exprime le mieux la condition féminine et le cortège de malédictions qui l’accompagnent (…) en régime patriarcal. (…)
Cette littérature fait avant tout état des sentiments de la femme dans une société hostile. (…)
Roman essentiellement écrit par des femmes, pour des femmes, dans le but manifeste d’illustrer la quête d’une identité féminine que le monde leur refuse. » (Préface p. XV, XXII, XXIV)

Dans son livre Les châteaux de la subversion (Jean-Jacques Pauvert, 1982), Annie Le Brun précise :
« Ce n’est pas un hasard que lecteurs et auteurs du roman noir se ressemblent : si beaucoup sont des femmes, la plupart n’ont pas plus de vingt ans. (…) La situation précaire des uns, la dépendance arbitraire des autres et surtout l’extrême jeunesse de la majorité, les incitent inconsciemment autant à refuser les conditions qui leur sont faites qu’à s’interroger obscurément sur leur existence. » (Folio Essais p. 213)

Et dans Le soupçon gothique (Les presses de l’université Laval, 2004), Valérie de Courville Nicol appuie :
« Les analyses féministes occupent une part importante des commentaires critiques sur les romans gothiques. Alors que l’écriture demeure aux dix-huitième et dix-neuvième siècles une activité majoritairement masculine, plusieurs des auteurs qui s’inscrivent dans la tradition gothique sont des femmes. Ce phénomène suscite une certaine curiosité chez les critiques, sans parler du fait que l’existence de textes produits par des femmes est la source d’un révisionnisme important dans certaines traditions féministes, où il est considéré que les romans gothiques écrits par des femmes témoignent de leur oppression sexuelle. (…)
Un nombre important d’analyses féministes considèrent que la littérature gothique et Frankenstein reflètent la répression généralisée des femmes, et que de surcroît il s’agit de représentations idéologiques complices. Cette perspective est basée sur l’idée que le gothique féminin reflète la condition réprimée des femmes tout en la perpétuant. » (p. 66-67, 68)

Maurice Lévy ajoute encore :
« Il reste à expliquer pourquoi tant de femmes-auteurs choisirent précisément un genre dont on pouvait penser, au premier abord, qu’il était le moins recommandable pour elles. La question qui se pose à nous n’est pas pourquoi tant de femmes écrivirent tant de romans, mais bien pourquoi tant de femmes écrivirent, à cette époque, tant de romans noirs. »
Il mentionne alors un certain T.J. Horsley Curtis qui, dans la préface de son livre Ancient Records en 1801, suggère : « Il paraît exclu, pour lui, qu’une femme puisse songer à écrire un roman « réaliste » (« a tale of real life ») où les passions du cœur humain, et parfois les plus viles, sont complaisamment mises au jour. (…) C’est aux hommes qu’il appartient d’explorer ces domaines scabreux. »
Les femmes qui s’aventureraient dans de tels parages littéraires manqueraient « à la vocation de chaste délicatesse qui doit être l’apanage de leur sexe. »
« On comprend, dès lors, que les femmes et les jeunes filles que le désir d’écrire démangeait, se soient tournées vers un genre romanesque qui pouvait être parfaitement inoffensif et compatible avec leur respectabilité. » (p. 445)

En quelque sorte, il aurait été plus convenable pour une femme d’écrire des récits hors du réel mettant en scène des personnages extravagants et des situations rocambolesques dans des décors fantasmagoriques, que de vouloir dépeindre le réel et sa vilénie.

Par ailleurs, ces auteresses étaient très jeunes, âgées parfois de moins de vingt ans.
« Point n’était besoin ici d’être instruit des subtils mécanismes de la passion, ni particulièrement apte à sonder les replis du cœur humain : il suffisait de donner libre cours à son imagination, et de transcrire, en les rédigeant à peine, les rêveries les plus sauvages et les visions les plus décousues. » (p. 448)
Il aurait été en sus plus facile pour ces jeunes personnes d’inventer un univers fictif cadré par les lois simplifiées d’une dramaturgie limitée, que d’essayer de comprendre et décrire la réalité dans sa complexité sans borne.
Dernière édition par Nutello le Jeu 21 Juin 2018, 16:52, édité 1 fois.
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Re: Quelques récits gothiques dans Spectral

Messagepar Nutello » Jeu 21 Juin 2018, 13:27

Dans sa préface, Maurice Lévy mentionne l’émergence, aux États-Unis au début des années 1960, par conséquent près de deux siècles plus tard, de romans se voulant prétendument dans la continuité des classiques gothiques anglais.
Une collection de bandes-dessinées comme The dark mansion of forbidden love du début des années 1970 est-elle venue s’inscrire dans ce courant, ou du moins en a-t-elle profité ?

Maurice Lévy fait la remarque :
« Il semblerait même que ces publications, brochées pour la plupart, soient reconnaissables à l’illustration stylisée de leurs couvertures, toujours identique, représentant immanquablement une jeune fille vêtue d’une robe ample et flottante, fuyant une demeure qui se dresse à l’arrière-plan, à une fenêtre de laquelle brille une lumière unique. » (Préface p. XXII)

https://twitter.com/pulplibrarian/statu ... 4821346304

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Re: Quelques récits gothiques dans Spectral

Messagepar Nutello » Jeu 21 Juin 2018, 13:27

Voyons donc du côté de ces Dark mansion of forbidden love de chez D.C. Comics dégotés par Stéphane Ens.

n° 2 : couverture de Joe Orlando

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n° 3 : couverture de Jeff Jones

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n° 4 : couverture de Nick Cardy

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La couverture de George Ziel du n° 1 fait un petit écart.

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https://www.comics.org/series/1975/covers/
https://thecomicshq.com/dc/dark-mansion ... love-1971/

Notons l'ajout d'une silhouette de personnage masculin.
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Re: Quelques récits gothiques dans Spectral

Messagepar Nutello » Jeu 21 Juin 2018, 13:28

Si Stéphane Ens consacre un article à ces récits, c’est dans la mesure où, alors que des séries comme House of secrets, House of mystery, Ghosts et les autres cultivent l’art du récit bref, The dark mansion of forbidden love – à partir du n° 5 Forbidden tales of dark mansion – a su, à ses débuts, développer à l’opposé de longs récits gothiques emplissant des fascicules entiers d’une cinquantaine de pages.


Stéphane Ens dénombre :

- « The secret of the missing bride » - Scénario d’Ethan Mordden & Dorothy Manning - Dessins : Tony DeZuniga
The dark mansion of forbidden love n° 1 – Septembre 1971

- « Honeymoon of fear » - Scénario de Jack Oleck & Sy Reit - Dessins : Tony DeZuniga
- « The mystery of deadman’s cove » - Scénario : Mary Skrenes - Dessins : Don Heck
The dark mansion of forbidden love n° 2 – Novembre 1971

- « The kiss of death » - Scénario : Jack Olek - Dessins : Don Heck
The dark mansion of forbidden love n° 3 – Janvier 1972

- « The grey Lady of Coburn Manor » - Scénario : Dorothy Manning - Dessins : Ernie Chan
The dark mansion of forbidden love n° 4 – Mars 1972

- « They all came to die » - Scénario : Jack Olek - Dessins : Don Heck
Forbidden tales of dark mansion n° 5 – Mai 1972


Stéphane Ens arrête là son article car, se désole-t-il, « la tentative de romance gothique tourne court et le numéro suivant verra le retour à un format et un prix normaux ainsi qu’un contenu d’histoires courtes identique à celui des House of secrets et consorts ». (Phylactère n° 1 p. 70)

De ces six récits donc – quatre longs et deux plus courts se partageant le n° 2 -, trois ont été traduits en français dans Spectral.
Dernière édition par Nutello le Jeu 21 Juin 2018, 13:42, édité 1 fois.
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Re: Quelques récits gothiques dans Spectral

Messagepar Nutello » Jeu 21 Juin 2018, 13:28

***
« Le mystère de la baie mortelle » - 16 pages - Spectral n° 3 – 1er trimestre 1975
« The mystery of dead man’s cove » - The dark mansion of forbidden love n° 2 – Novembre 1971
Scénario : Mary Skrenes - Dessins : Don Heck

Couverture de Joe Orlando

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Voici la présentation qu’en fait Stéphane Ens :

« Trop courte (11 pages [16 pages en français]), la deuxième histoire, « The mystery of deadman’s cove », est signée par Don Heck au mieux de sa forme.
La belle vacancière Tracy aide un ténébreux jeune homme (en fait un policier !) à résoudre le secret de terribles naufrageurs d’une île grecque, le tout dans une atmosphère de légende trouble (la sirène de Mysinos). »

J’ajouterais pour ma part que les « terribles naufrageurs » sont en fait – et c’est là le secret – une vieille dame tout à fait charmante le jour et qui se change la nuit en une naufrageuse criminelle afin de protéger la dépouille momifiée de feu son époux, conservée au fond d’une grotte.

Le récit de Mary Skrenes est un peu léger sur cette courte distance, et la peinture par Don Heck – même si Stéphane Ens le juge « au mieux de sa forme » - de la côte grecque de jour comme de nuit n’a rien d’exemplaire.


Ce récit, et les autres qui suivent, se voulant « gothiques », donc « écrits par des femmes, à propos de femmes, pour les femmes », sont alors pourvus de romance fleur-bleue plutôt mièvre qui tranche singulièrement sur les habituels titres Comics Pocket (Étranges aventures, Aventures fiction, Spectre, Eclipso, Atomos….).


Quelques pages résumant « Honeymoon of fear », l’autre récit de The dark mansion of forbidden love n° 2 resté inédit en français, sont ici :
https://www.sequentialcrush.com/blog/20 ... rk-mansion


***
« Terreur au manoir » - 49 pages - Spectral n° 7 – 3e trimestre 1975
« The grey Lady of Coburn Manor » - The dark mansion of forbidden love n° 4 – Mars 1972
Scénario : Dorothy Manning - Dessins : Ernie Chan

Couverture de Nick Cardy

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L’intégrale du comics US est ici :
http://truelovecomicstales.blogspot.com ... -grey.html
http://truelovecomicstales.blogspot.com ... ey_16.html
http://truelovecomicstales.blogspot.com ... ey_17.html
http://truelovecomicstales.blogspot.com ... ey_18.html
Et le dessin original de la première page est ici :
http://www.archangels.com/catalog-detail.php?id=3749
Quelques pages résumant l’ensemble du comics US sont là :
https://www.sequentialcrush.com/blog/20 ... mansion-of


Voici ce qu’en dit Stéphane Ens :

« « The grey Lady of Coburn Manor » bien que signé par Ernie Chan, certes encré par Vince Colletta, s’avère un peu moins surprenant [que le récit inédit en français du précédent n° 3 de la collection US] car la recette reste la même avec le scénario de Dorothy Manning (inconnue de nos services !).
Les crimes de sadique hantant Coburn Manor sont assez bien rendus et certaines scènes (déambulations de jeunes filles en nuisette dans les couloirs sombres) restent toujours esthétiquement intéressantes pour l’amateur.
Pourtant l’innovation n’est pas au rendez-vous et l’on aura bien compris les clichés que ce récit se contente de reproduire : il ne s’agit ici nullement d’horreur concrète, reposant sur un bestiaire quelconque mais de terreur suggérée où les malédictions et les monstruosités évoquées seront autant de supercheries.
Ce fantastique effleuré du bout des lèvres constituait certes la base des romans d’Anne Radcliffe par exemple mais les lecteurs des années 1970 attendent autre chose.
Les lectrices, elles, se retrouvaient peut-être plus dans cette recette comme le montrent quelques lettres dans le courrier des numéros mais aussi, et surtout, le succès remporté encore aujourd’hui par une Mary Higgins Clark dont les romans reposent sur cette même approche de l’horreur et du suspens. »

J’ajouterais deux ou trois petites choses.

Par rapport au récit précédent, « The grey Lady of Coburn Manor / Terreur au manoir » introduit donc l’un des grands traits caractéristiques du gothique, sinon le plus grand, la vaste figure emblématique du château obscur, le « dark mansion » du titre de la collection.
Avec son porche imposant, son ampleur, sa haute façade, le château est le lieu où tout peut advenir, les rencontres se produire, les lois être autres ou être transgressées au long de ses couloirs et galeries, ses montées et descentes, et plus encore le lieu dans le lieu, ses parties secrètes, avec ses leviers cachés et ses systèmes à ressorts et contrepoids qui font s’ouvrir des fonds de cheminées et tourner des parois sur des passages et escaliers dérobés conduisant vers d’improbables chambres interdites.

En l’occurrence, le château est ici un vieux manoir anglais qu’une chaîne d’hôtels états-unienne vient d’acheter pour le transformer en hôtel de luxe.
Les protagonistes principaux du récit sont un jeune couple d’agents de la chaîne d’hôtels, qui viennent rendre visite au Lord propriétaire et occupant des lieux afin de conclure l’achat de la demeure.
Dans le même temps, ils tâchent de découvrir ce qu’est devenu un de leurs confrères les ayant précédés dans cette démarche, et dont on est désormais sans nouvelle.
Un troisième personnage est le majordome du Lord, individu guère affable, omniprésent dans le château et ne manquant jamais de surgir de manière inopinée à chaque occasion.

L’intrigue s’amorce donc en articulant les démarches de l’achat du manoir - achat auquel s’oppose une personnalité de la région -, l’enquête quant à la disparition de leur collègue et prédécesseur, les agissements toujours étranges du majordome, sans oublier l’amourette des deux personnages et les états d’âmes romantiques de la jeune personne.
Mais viennent s’ajouter très vite les bruits nocturnes dans la vieille demeure, les apparitions spectrales de la « Dame en gris » du titre original, la découverte de passages camouflés, et deux meurtres, au poison et à l’outil de jardinier, qui viennent frapper deux personnages secondaires, jusqu’à la résolution finale du « whodunit ».
Quoi qu’en pense et en ait écrit Stéphane Ens – plutôt sévère -, l’ensemble de la construction scénaristique se tient très bien.

Côté image, le dessinateur Ernie Chan a très bien su rendre les ambiances lumineuses dans le manoir, effets de clair-obscur le jour, d’obscurité la nuit, de lumières de bougies dans les ténèbres nocturnes. Il utilise pour cela de grands à-plats d’encre, ainsi qu’un jeu de trames de densités différentes, pour créer de vastes zones d’ombre et de pénombre plus ou moins marquées. Il utilise aussi le contrejour, présentant parfois un personnage en ombre chinoise, simple silhouette entièrement encrée.
Ce recours à un important encrage pour définir des contrastes permet un excellent rendu du graphisme en N&B dans l’édition française, dépourvue de la colorisation de l’édition originale.

Si l’essentiel du récit se déroule en intérieur, il convient de souligner deux scènes extérieures de cimetière qui présentent des décors et des cadrages tout à fait notables.

Dernière note : la scénariste Dorothy Manning - inconnue de Stéphane Ens -, est en fait l’éditrice Dorothy Woolfolk, née Dorothy Roubicek.
Dernière édition par Nutello le Sam 23 Juin 2018, 11:43, édité 11 fois.
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Re: Quelques récits gothiques dans Spectral

Messagepar Nutello » Jeu 21 Juin 2018, 13:29

***
« L’île de la mort » - 50 pages - Spectral n° 8 – 4e trimestre 1975
« They all came to die » - Forbidden tales of dark mansion n° 5 – Mai 1972
Scénario : Jack Olek - Dessins : Don Heck

Couverture de Nick Cardy

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L’ensemble des planches originales avant colorisation est ici :
(Ne pas avoir peur de cliquer, de zoomer…)
https://comics.ha.com/itm/original-comi ... 77-93578.s

Que nous en dit Stéphane Ens :

« « They all came to die » marque une petite apothéose pour cette bien éphémère tentative [de récits de romance gothique].
Encore signée par Don Heck et scénarisée par Jack Olek, cette histoire s’avère surtout un repompage éhonté des « Dix petits nègres » (« Ten little Indians » ou « And then they were none », 1939) d’Agatha Christie.
À l’instar de ce qui se produit dans les versions cinéma, on évite le carnage total avec l’astuce d’un des jeunes gens qui simule lui aussi sa mort pour confondre le véritable meurtrier.
Ici l’argument romance se produit par une focalisation sur le personnage de Judith, la jeune baby-sitter meurtrière de l’original, qui, en plus de l’énigme et de la succession de cadavres, hésite entre les deux playboys regroupés eux aussi sur l’île.
Une certaine beauté sauvage et surtout une belle exacerbation de l’hystérie ambiante (l’héroïne découvrant la corde qui l’attend dans le salon ou encore ses fuites devant les assassins possibles) font de cette adaptation à l’arraché un petit monument bizarre à découvrir par les amateurs de « whodunnit » (« Qui a tué ? »). »

Je ferais quelques remarques.

Le rôle du château est ici tenu par un vaste sanatorium désaffecté situé en haut de la falaise abrupte d’un minuscule îlot rocheux sauvage et inhabité, à l’exception du couple de gardiens du grand édifice.
Une jeune femme et trois messieurs y sont invités pour des engagements divers par le propriétaire – absent – des lieux et y font connaissance.
À l’heure du repas du premier soir, chacun des six personnages trouve dans son assiette le même message lui rappelant qu’il a été un jour accusé de meurtre, et qu’il sera puni par la mort durant ce séjour.
De fait, les décès violents se succèdent dès la nuit suivante. Et les survivants de se soupçonner mutuellement…

La construction de l’intrigue est habile. Stéphane Ens mentionne « l’astuce d’un des jeunes gens qui simule sa mort pour confondre le véritable meurtrier ». Mais le ressort est bien plus riche et complexe.
Dans l’idée de tromper le meurtrier, deux des personnages se mettent d’accord pour simuler la mort de l’un d’eux. Or celui qui joue le rôle du faux mort est précisément le meurtrier, ce que l’autre ignore, et le meurtrier censé être mort assassine ensuite le second personnage. Or c’est là qu’intervient la fameuse astuce. Le second personnage déjoue en réalité son assassinat et simule lui aussi sa mort pour tromper le meurtrier supposé mort, ce qui donne deux faux morts… Plus facile à comprendre qu’à expliquer… En tout cas, le finale connaît là un très malin condensé de coup de théâtre et de retournement.

Malheureusement le graphisme n’a vraiment rien de remarquable, et la partie « romance » de cette affaire est plus que particulièrement nunuche.

Un point de l’édition française reste obscur.
Les six personnages sont dits être responsables chacun de la mort de quelqu’un. Or si l’on apprend ce qu’il en est de cinq des personnages, le cas de la jeune femme reste imprécis. En quoi a-t-elle provoqué la mort de quelqu’un ? Quelque chose semble manquer dans la traduction française.
Stéphane Ens, qui s’appuie sur la version originale anglophone, utilise cette formule énigmatique : « la jeune baby-sitter meurtrière de l’original ».
« De l’original » ? Difficile de comprendre ce dont il s’agit véritablement.
Par ailleurs, dans l’édition française, le jeune femme n’est pas engagée comme baby-sitter mais comme secrétaire, mais ce n’est qu’un détail.

Dark5c.png


L’intégrale de « The kiss of death » de The dark mansion of forbidden love n° 3 resté inédit en français est là :
http://truelovecomicstales.blogspot.com ... ss-of.html
http://truelovecomicstales.blogspot.com ... of_13.html
http://truelovecomicstales.blogspot.com ... of_14.html
http://truelovecomicstales.blogspot.com ... of_15.html
Dernière édition par Nutello le Sam 23 Juin 2018, 11:42, édité 7 fois.
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Re: Quelques récits gothiques dans Spectral

Messagepar Nutello » Jeu 21 Juin 2018, 13:29

Le même mois que The dark mansion of forbidden love, a commencé la publication d’une série jumelle Sinister house of secret love du même éditeur, relevant d’une inspiration et d’une longueur de récits comparables, avec une même thématique de couvertures, et parfois les mêmes auteurs. Beaucoup de choses en commun, par conséquent.
Au n° 5, cette série change elle aussi de titre et devient Secrets of sinister house.
La série s’est prolongée jusqu’au n° 18 de juillet 1974

Remarquons que, The dark mansion of forbidden love changeant de titre pour Forbidden tales of dark mansion, et dans le même temps Sinister house of secret love pour Secrets of sinister house, ce double changement a eu pour effet de voir le mot « love » supprimé…
Trop connoté « romance » ?
La touche fleur bleue des contenus a-t-elle diminué pour autant ?

Par ailleurs, on peut se demander ce qu’il y a de véritablement « forbidden » dans ce « love » et ces « tales » de la série Dark mansion.

https://en.wikipedia.org/wiki/Secrets_of_Sinister_House
https://www.comics.org/series/1982/
https://www.comics.org/series/2032/
http://dc.wikia.com/wiki/Sinister_House ... Love_Vol_1
http://dc.wikia.com/wiki/Secrets_of_Sin ... ouse_Vol_1
https://www.comics.org/series/1982/covers/
https://www.comics.org/series/2032/covers/

Quatre des cinq longs récits de cette seconde collection ont été traduits en français dans Spectral et Il est minuit l’heure des sorcières.


***
« La malédiction des McIntyre » - 32 pages - Spectral n° 5 – 2e trimestre 1975
« The curse of the McIntyres » - Sinister house of secret love n° 1 – Octobre 1971
Scénario : Mary Skrenes - Dessins : Don Heck

Couverture de Victor Kalin

Sin1.jpg

Sin1a.png

La couverture et 4 pages sont ici :
(Les 2 pages suivantes sont d’un autre récit complétant le comics et également traduit à la suite dans le même Spectral.)
http://babblingsaboutdccomics.blogspot. ... curse.html


Nous retrouvons le même tandem Mary Skrenes et Don Heck que pour le récit « The mystery of deadman’s cove / Le mystère de la baie mortelle » de Spectral n° 3, mais qui ont ici disposé d’une étendue double pour pouvoir développer une narration.

Restée orpheline à la mort de son père, une jeune Anglaise est adoptée par une branche écossaise de sa famille par alliance, vivant, naturellement, dans un vieux manoir.
La maisonnée est assez intéressante, comportant un cousin nain, une gouvernante autoritaire et revêche, un enfant déluré, une belle-sœur folle et adepte de la hache, et un autre cousin, séduisant père veuf de l’enfant, passant ses jours dans un laboratoire souterrain à la recherche d’une formule devant l’empêcher de se changer en être violent de temps à autre.
L’affaire tourne entre trois points, un carnet remis juste avant sa mort par son père à la jeune fille et supposé contenir la formule recherchée, l’amourette de ladite avec le séduisant cousin à double face, et la jalousie du cousin nain. Celui-ci est l’élément clef. Envieux de son frère séduisant, il s’empare du carnet et fait un chantage : la remise du carnet à son frère qui a besoin de la formule qu’il contient, et en échange la possession de la belle demoiselle, ni plus ni moins. Heureusement qu’il y a le petit jeune homme déluré, le fils du cousin séduisant, pour résoudre tout cela.


***
« Mariage avec le diable » - 53 pages – Il est minuit n° 3 – 2e trimestre 1975
« To wed the Devil » - Sinister house of secret love n° 2 – Décembre 1971
Scénario : Len Wein & Joe Orlando - Dessins : Tony DeZuniga

Couverture de Jerome Podwell & Tony DeZuniga

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Quelques pages résumant le comics US sont ici, malheureusement pas l’entièreté de la première séquence :
https://www.sequentialcrush.com/blog/20 ... -of-secret


Le graphisme de Tony DeZuniga est remarquable dans l’évocation des ténèbres de vieilles demeures avec de grands à-plats d’encre et des jeux de hachures et de trames, les halos de chandeliers. Les lieux, les habits, les corps sont superbement ombrés.
On sent la texture des pierres ainsi dans la superbe scène d’ouverture dans les caves d’une demeure bourgeoise avec ses colonnes et ses voûtes, ou dans la longue séquence finale dans les vastes escaliers et souterrains étagés d’un château.
La peinture des étages supérieurs n’est pas en reste, comme cette vue de la chambre de l’héroïne avec ses projections de la lumière des baies vitrées à croisillons sur un sol grisé ; ou celle d’un large escalier de pierre aux marches couvertes d’ombres portées et de la lumière d’étroites fenêtres en arcade.
Comme pour « The grey Lady of Coburn Manor / Terreur au manoir » de Spectral n° 7, l’absence de couleur du comics US original n’apparaît pas comme un drame, loin s'en faut, le N&B est parfait.

Dans ce récit, pas de démystification finale comme celle que regrette Stéphanr Ens à propos de « The grey Lady of Coburn Manor / Terreur au manoir ». Cette fois, à l’opposé, les diableries sont « pour de vrai ».
L’héroïne est une jeune femme arrachée à ses rêves de vie future pour être mariée de force par son père ruiné à un riche seigneur de Bohême, en vérité le maître d’une assemblée d’adorateurs de Satan.
Il n’y a pas d’énigme à résoudre. Nous suivons les états d’âme d’un personnage qui voit son avenir rêvé anéanti pour se trouver plongé dans les méandres d’un château inconnu et d’une situation accablante et inextricable. Si des révélations se font, elles sont des réponses à des questions que l’on ne se pose pas.
Dans ce sens une petite prime : un dévoilement lors de la scène finale – l’exacte identité d’une servante – rééclaire sans en avoir l’air la très esthétique scène d’ouverture et lui confère un sens entièrement nouveau, fine subtilité rétrospective…
Dernière édition par Nutello le Sam 23 Juin 2018, 11:44, édité 20 fois.
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Re: Quelques récits gothiques dans Spectral

Messagepar Nutello » Jeu 21 Juin 2018, 13:29

***
« Le baiser du serpent » - 45 pages – Il est minuit n° 4 – 3e trimestre 1975
« Kiss of the serpent » - Sinister house of secret love n° 4 – Avril 1972
Scénario : Mary DeZuniga & Mike Fleisher - Dessins : Tony DeZuniga

Couverture de Tony DeZuniga

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Sin4x.jpg
Dernière édition par Nutello le Sam 23 Juin 2018, 11:44, édité 5 fois.
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Re: Quelques récits gothiques dans Spectral

Messagepar Nutello » Jeu 21 Juin 2018, 13:30

L’intégrale du comics US est ici :
http://truelovecomicstales.blogspot.com ... ss-of.html
http://truelovecomicstales.blogspot.com ... of_10.html
http://truelovecomicstales.blogspot.com ... of_11.html
http://truelovecomicstales.blogspot.com ... of_12.html
Ou là :
https://www.pinterest.fr/tesstruesthear ... e/?lp=true


Le gothique traditionnel se charge un instant d’exotisme. Ce récit oublie les châteaux d’Angleterre et d'Écosse ou d’Europe centrale et les références fantastiques de l’Occident pour ceux de l’Orient.
La couverture ajoute ainsi, bien en évidence, la figure du serpent aux éléments traditionnels des couvertures de fascicules de récits gothiques modernes, romans ou ces collections de bandes dessinées.

Sin4e.jpg

Une jeune femme quitte ses États-Unis pour venir vivre à Bombay, tout comme ce récit invite le lecteur à quitter le gothique anglo-saxon pour d’autres décors et intrigues
Le talent très discernable de Tony DeZuniga peut donc trouver ici d’autres supports pour amplement s’exprimer.

La vision du palais princier où l’héroïne va vivre ses aventures est proprement irréelle : dans le point de vue en profondeur d’une image très épurée, un colossal porche très ouvragé ouvre sur un chemin s’élevant, au bout d’un promontoire, vers un lointain palais onirique à peine esquissé dans un effet appuyé de clair de lune sous un ciel d’encre. Superbe.
Et le N&B de l'édition française valorise très nettement cette vision en amplifiant le contraste et l'effet clair de lune, et donc l'aspect onirique, que la colorisation US affadit.
C’est ce dessin qui introduit de manière véritable la partie clef du récit. Tourner la page est comme ouvrir la porte pour pénétrer dans ce domaine d’une autre nature.
Le rédacteur devient lyrique, évoquant « une cour magnifique emplie de grandioses sculptures de pierre et d’idoles anciennes incrustées dans une mosaïque compliquée d’ivoire et de bronze » ; « un monde silencieux de majesté, d’enchantement… et de mort ». Et le graphisme n’est pas en reste.

Sin4x2.jpg

Engagée comme préceptrice, l’héroïne découvre que le seigneur du lieu a un serviteur trouble, un frère qui a été assassiné, une mère qui ne lâche jamais un panier d’osier enfermant un cobra, et un frère jumeau caché.
Le « whodunit » se dévoile aisément, l’assassin du frère se révèle sans trop de surprise parmi ces personnages. Mais ce dévoilement n’était sans doute pas la chose importante.

Sin4c2.jpg

Un dessin en début du récit semble un décalque de photographies, juxtaposant sur un décor de tarmac d’aéroport la silhouette d’une jeune femme dans une robe-short très swinging london et la figure d’une vieille femme en costume traditionnel de tissu sombre et de bijoux débordants. Un peu comme la rencontre, une fois encore, entre le monde anglo-saxon des autres récits de ces collections états-uniennes d’inspiration britannique, et ce récit particulier entraînant de façon inopinée les lecteurs sur cet autre continent.
Dernière édition par Nutello le Jeu 21 Juin 2018, 17:20, édité 13 fois.
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Re: Quelques récits gothiques dans Spectral

Messagepar Nutello » Jeu 21 Juin 2018, 13:32

***
« La mort rôde au château Dunbar » - 51 pages - Spectral n° 1 – 3e trimestre 1974
« Death at Castle Dunbar » - Sinister house of secret love n° 5 – Juin 1972
Scénario : Michael Fleisher & Lynn Marron - Dessins : Mike Sekowsky

Couverture de Nick Cardy & Gaspar Saladino

Sin5.jpg

Nous retrouvons ici un climat très proche de celui de « The grey Lady of Coburn Manor / Terreur au manoir » de Spectral n° 7, avec les mêmes climats nocturnes d’une vieille demeure seigneuriale, ici écossaise et en bord de mer.

Une jeune femme se présente sous un faux nom et un prétexte fallacieux pour faire un séjour entre ces murs. Ce qu’elle cache, c’est qu’elle est la sœur de l’ancienne épouse du châtelain, décédée de manière incertaine. Elle s’est accidentellement noyée, selon la version officielle ; elle s’est suicidée, selon une vieille servante ; elle a été assassinée, subodore la jeune femme.
Le lieu est habité du Lord veuf, et d’une sorte de cousin et de sa sœur. Huis-clos, donc, avec peu de personnages.
Naturellement, il y a la vaste demeure aux longs couloirs et galeries ornés des portraits de la lignée des ancêtres du Lord, et avec une impressionnante quantité de panneaux truqués ouvrant sur des passages et escaliers dérobés, ou des tunnels conduisant à une caverne en bord de mer. De nuit, les salles et corridors de la vieille demeure s’animent des apparitions fantomatiques de l’ex-épouse décédée, en robe et voile de mariée.
Le parent du Lord est un personnage déplaisant qui, à l’image du majordome de « Terreur au manoir », est lui aussi omniprésent dans le château et toujours prêt à surgir à chaque événement.
C’est de lui que la jeune femme s’amourache néanmoins tout en faisant semblant de vouloir épouser le Lord, pour obliger les masques à tomber.
L’énigme se résout, avec les révélations naturelles des identités du meurtrier et du faux spectre.

Beaucoup de points communs, par conséquent, avec « Terreur au manoir ».
Remarquons que, dans les deux récits, les protagonistes principaux – le couple d’agents de la chaîne d’hôtels dans l’un, les deux sœurs dans l’autre - sont des États-uniens qui se rendent dans des domaines ancestraux de la vieille Grande-Bretagne. Dans « Death at Castle Dunbar / La mort rôde au château Dunbar », l’accent est ainsi mis avec ces deux scènes où le jour le Lord fait faire à la jeune femme le tour de son domaine, puis le soir la visite de la galerie des portraits de ses ancêtres tout en lui expliquant « avec fierté » l’histoire de « son ancien et noble clan ».
Sorte d’hommage de ces récits gothiques modernes états-uniens à ces vieilles Îles Britanniques où est né le genre gothique deux siècles plus tôt ?


La couverture de George Ziel de Sinister house of secret love n° 3 resté inédit en français :

Sin3.jpg
Dernière édition par Nutello le Sam 23 Juin 2018, 11:45, édité 1 fois.
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Re: Quelques récits gothiques dans Spectral

Messagepar drou » Jeu 21 Juin 2018, 16:42

Un vrai plaisir de découvrir ce sujet. :jap:
Je viens de lire tout ces post et je vais relire tout ces PF pour
replonger dans ces histoires que j'ai lu a l'epoque beaucoup trop vite.
il y a toujour un PF qui vous manque
pour retrouver la petition sur swing c'est ici
http://www.forumpimpf.net/viewtopic.php?t=6129
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Re: Quelques récits gothiques dans Spectral

Messagepar Doc Mars » Jeu 21 Juin 2018, 16:53

* Je recherche: AVENTURES DE DEMAIN Album n°3 - n°5; Furioso 4 - 6; Janus Stark n°119; Lancelot n°94,95,98,100; Marco Polo album n°16; Nevada 299-300; Nick Jolly n°10-11; Okay n°17,21,31,32; Princesse n° 21 (mars 1965)- 23 -37-43-51 (mai 1966)-56; Rocambole n°16; Rocambole et Rouletabille n°31-32; Rintintin et Rusty n°40(Vedettes TV-SAGE-1963); Sans Peur n°102-104 (03-04/1960 -SEG); Sunny Sun n°48-50; Tchak! n°11; Tipi 41 ou albums n°14; Titi Poche n°27-30; Vick 1-4-5 ; Youk 4,5

"Si on ne peut avoir la réalité, un rêve vaut tout autant." Ray Bradbury, Chroniques Martiennes
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Re: Quelques récits gothiques dans Spectral

Messagepar datadox » Jeu 21 Juin 2018, 17:58

Deux belles séries DC, dont certains numéros peuvent valoir très cher.

J'ai tous les Dark Mansion of Forbidden Love (voir ici), mais il me manque encore un Sinister House of Secret Love.
Mes recherches : viewtopic.php?f=3&t=27953#p555499
Mes séries complètes : viewtopic.php?f=1&t=8276&p=587549#p587549

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Re: Quelques récits gothiques dans Spectral

Messagepar PIFcollector » Jeu 21 Juin 2018, 22:37

Ami Nutello ... Une fois de plus tu nous gratifies d'un dossier des plus complets et des plus passionnants !
Quel travail, Merci beaucoup. :jap:
Attention !! Les photos que je poste ne sont pas systématiquement les miennes. Elles ont pu être glanées sur internet (google, ebay, forums). Aucune ne faisait mention de propriété intellectuelle, de droit à l'image ou d'interdiction de diffusion. J'en remercie les Créateurs qui ont, bien entendu, la possibilité d'en réclamer la paternité ou d'en demander le retrait.
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